Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi. Milan Kundera

Tunisie : mise au jour d'un monument sacre du judaisme

"Oui je sais, cette dépêche date un peu mais elle a son importance puisqu'elle a déclenché chez moi un texte que j'ai appelé "Rupture". Et oui même envers son pays, on peut manifester de la colère même si on l'aime profondément.

TUNIS, 19 juil 2007 (AFP) - Tunisie: mise au jour d’un monument sacré du judaïsme
Une mosaïque évoquant un lieu sacré du judaïsme remontant à la fin de l’antiquité, a été mise au jour à Kélibia, ville de Tunisie, a-t-on appris jeudi à l’Institut national du Patrimoine (INP). Ces vestiges, sans doute une synagogue antique, “en tout cas un lieu sacré”, ont été découverts lors de travaux de voirie menés au pied de la forteresse surplombant le port de Kélibia, à 110 km au sud de Tunis, sur le littoral nord-est de la Méditerranée.
Cette découverte a été présentée par l’archéologue Mounir Fantar lors d’une journée scientifique à l’INP, qui en a fait état dans son dernier bulletin interne. Il s’agirait d’une première, les vestiges constituant la première preuve d’une présence antique du judaïsme dans cette région du Cap Bon.

La représentation de chandeliers à sept branches, symboles du judaïsme, ne laisse aucun doute sur la présence d’un lieu sacré juif. Le monument, daté a priori du 5e siècle avant JC, est constitué d’une mosaïque “en parfaite conservation” et dont les motifs dessinent douze chandeliers à sept branches. Cette oeuvre célèbre l’accomplissement du voeu d’un mécène du nom d’Ivdantis (Judas).
Dès sa découverte, un périmètre de sécurité a été installé autour du site en attendant des fouilles dirigées par Mounir Fantar, responsable des monuments de la province de Nabeul.
L’histoire de Kélibia (Clupea) remonte à l’époque punique comme en témoigne la découverte d’une nécropole et de vestiges du 5e au 2e siècle avant JC. Cette ville est dominée par une forteresse byzantine (6e siècle) perchée au-dessous d’une falaise de 150 mètres, qui assurait la défense du port.
Le sud de la Tunisie abrite la plus ancienne synagogue d’Afrique, “La Ghriba”, située sur l’île de Djerba et qui accueille chaque année des milliers de pèlerins juifs d’Europe et d’Israël. Ces derniers sont originaires de Tunisie pour la plupart.
La communauté juive, forte de cent mille personnes il y a cinquante ans, se limite actuellement à un millier de personnes, la plupart ayant quitté le pays pour s’établir surtout en France et en Israël.

4 commentaires:

Colg a dit…

Bonjour

Je découvre votre blog, que je trouves super.

Sinon, j'aimerais bien savoir pourquoi cette dépèche a minesté de la colère envers votre pays, même si vous l'aimez profondément ?

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Bonjour et merci d'apprécier ce blog.

Au sujet de ma colère, je m'en suis expliquée plus haut dans le texte que j'ai appelé "Rupture". Mais je vais peut-être être plus explicite.

On découvre un monument sacré du judaïsme qui vient confirmer leur présence millénaire sur cette terre alors que les nouvelles générations sont élevées avec cet oubli historique.

Ce qui me fait mal c'est d'y retourner en touriste, ne pas avoir quelqu'un qui m'y attend comme beaucoup d'enfants d'immigrés dont les parents ont choisi d'autres cieux pour des raisons économiques mais qui peuvent à tout moment retourner sur la terre ancestrale au sein de leur famille.

Je pose la question à "ma Tunisie", pourquoi nous as -tu laissés tomber?

Nous étions nous aussi tes enfants.

Anonyme a dit…

J'ai découvert ce blog par hasard. Je suis tunisien musulman expatrié au golfe depuis peu. La photo de la porte de Sidi Bou Said, puis l'amour de la Tunisie que j'ai senti dans chaque mot, que ce soit dans les articles ou les commentaires, a fait que des sentiments de nostalgie et de mal du pays refassent surface.
J'ai navigué sans méthode passant du jasmin, aux citations, au pépé aux yeux rieurs, puis soudainement j'ai senti mon cœur cesser de battre, mon estomac se nouer et mes yeux qui piquait. Comme d'habitude j'ai réussi à ne pas pleurer, ou plus exactement j'ai réussi à bloquer mes larmes. J'ai lu ça :

Je pose la question à "ma Tunisie", pourquoi nous as-tu laissés tomber?
Nous étions nous aussi tes enfants.

Ça fait mal.
Je ne prétends aucunement répondre au nom de la Tunisie, de NOTRE Tunisie, mais ce dont je suis sûr c'est que un pays comme le notre ne devrait pas laisser tomber ses enfants. Ce dont je suis encore plus sûr c'est que ce n'est pas notre Tunisie qui vous a fait ça, mais c'est quelques uns de ses enfants. Quand je dis quelques uns je ne veux pas en minimiser le nombre, c'est peut-être quelques milliers, quelques millions ou même quelques générations. Notre Tunisie ne se limite pas à cela, c'est des milliers de générations qui durant des millénaires ont été un exemple de tolérance.

En mon nom personnel je demande pardon à mes compatriotes obligés à s'exiler. Et sans arrogance aucune, je me permet de vous demander - au nom de notre Tunisie – de ne pas utiliser l'imparfait. Vous êtes (et non pas étiez) aussi ses enfants

myriam Leimann a dit…

J'ai très appréciée votre blog, je suis aussi amoureuse de la Tunisie. Je suis en ce moment en train de me battre avec des copines pour la libération d'une autre jeune tunisienne du nom de Sameh Harakati. Si vous avez le temps agissait pour la soutenir et l'aider à retrouver sa liberté.
Super blog, continuez à partager cette amour de la beautée.

http://tunisie-harakati.mylivepage.com