Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi. Milan Kundera

La Goulette et la petite Sicile...

PICCOLA CHICHILIA
par Albert Siméoni dit Breïtou
Sur la terre de mes aïeux
Le soleil ne se couche jamais.
L'horizon est toujours de flamme
Sous le beau ciel bleu qui ne crame.
Et le crépuscule a toujours son aube naissant
A la Goulette,
A la Piccola Chichilia
Le curé ne compte plus ses ouailles.
Les cloches se sont tues ma Mireille
Et la Madonna ne sort plus sous les vivats
Et les hourras sortis des voix sont à tout jamais tus.
A la Piccola Chichilia
Le glas s'est endormi
Et le carillon des cloches a disparu
Avec tous les kifs qui ne sont plus.
A la Piccola Chichilia
Les jeunes filles communiées
Pour la première fois maquillées
Ne passent plus durant les belles journées
Par les ruelles et impasses pavetèes
Dans leur robe blanche immaculée.
'..Signor ... ! Signor... ! Ma dove questo tempo ché non vivo più... !'
Les balancelles n'épousent plus, les quais de rocs
De l'Amiral Courbet, adossées au fort Charles Quint.
Au loin, le Bou Kornine ne veille plus
Sur les matelots et les marins pécheurs italiens
Et le phare du Bouraz a perdu de sa clarté.
Sur la terre de mes aïeux
Le soleil ne se couche jamais.
L'horizon est toujours de flamme
Sous le beau ciel bleu.
Et le crépuscule à toujours son aube naissant
'...En chaque soir se lève un matin
Mais jamais un soleil ne s'éteint
Sans qu'un autre à son feu ne s'éveille.
On ogni séra si leva oun alba
Ma mai oun solé si spégno
Senza oun altro a suoi fuocco si sveglio... !

3 commentaires:

Mouhad el Brel a dit…

…mots parfumés au lait d’amande
images d’enfance secouée de grands rires facétieux
écritures dont le toucher imite la caresse du pétale tombé
… il y a un peu de magie dans tout ça, non ?

Et puis -cerise sur le gâteau- cette illustration si bien choisie.
Décidément l’architecture coloniale mérite sérieusement d’être prise en compte, peut être autrement que par des études et des indignations vertueuses d’associations qui ne se manifestent qu’en mots pour dénoncer les avanies subies par certains bâtiments.
Est ce le terme d’architecture coloniale qui dérange ?

Elle se situe pourtant à la croisée du génie de cultures multiples en l’occurrence :
Est ce que ça ne mériterait pas toujours plus d’attention ?

promeneur solitaire a dit…

La nostalgie est aussi un bruit qui vient de l'interieur,une musique lancinante qui se répète sans fin à nos oreilles et nous empeche d'en entendre d'autres.
La nostalgie de la terre natale c'est ce deuil d'une séparation impossible à imaginer de ce sol maternel qui vous a enfanté.
La nostalgie stérilise l'esprit et ce regard sans cesse tourné vers le passé n'arrive plus à imaginer l'avenir

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Promeneur solitaire, j'avoue ne pas être tout à fait en accord.

Je ne pense pas que la nostalgie stérilise l'esprit.

Pour se connaitre soi-même, il faut se réapproprier son histoire, celle de son peuple, de sa famille en réveillant sa mémoire pour ensuite la restituer sous différentes formes d'expression, en étant fière de ses racines, en donnant des sens nouveaux à son histoire. Ainsi le passé se transformera en souvenirs...

Mon expression est la peinture, quelquefois l'écriture avec ce que je nomme "une force" à savoir "pouvoir exprimer ses émotions".

En ce qui concerne "le deuil" j'ai appris qu'il y en a d'impossibles à faire et que chacun fait ce qu'il peut avec ce qu'il est.

Merci de vous être exprimé, c'est toujours enrichissant les échanges même si on ne se rejoint pas sur tout. Restent malgré tout d'autres sentiments que l'on peut partager.

A bientôt