Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi. Milan Kundera

Le Chant des Mariees...

Je connais personnellement Karin la réalisatrice du film. Elle a vécu en Tunisie.
Un petit clin d'oeil à Lilia qui se reconnaitra dans ces deux personnages l'une arabe, l'autre juive, ces deux cultures aux destins pourtant si liés avant que le cours de l'histoire n'en décide autrement...


Plus d'infos sur ce film
5 vidéos du film sur ce lien :
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18845615&cfilm=131759.html


Tunis, 1942. Nour et Myriam, 16 ans, sont amies depuis l'enfance. Elles partagent la même maison d'un quartier modeste où Juifs et Musulmans vivent en harmonie.
Tel est le décor du nouveau long métrage de Karin Albou, « Le chant des mariées », dont la sortie est prévue le 17 décembre 2008 en France.
Chacune des deux héroïnes du film désire secrètement vivre la vie de l'autre : tandis que Nour regrette de ne pas aller à l'école comme son amie, Myriam rêve d'amour. Elle envie les fiançailles de Nour avec son cousin Khaled, sorte de fantasme partagé de prince charmant.
Mais en novembre 1942, l'armée allemande entre à Tunis, et les Nazis soumettent la communauté juive aux premières interdictions…

10 commentaires:

Anonyme a dit…

je le regarderai ce film,je le regarderai!
Ma mère est née en tunisie occupée un soir de couvre -feu allemand
"nhar mchoum " dit-elle pour ma mère qui partait se faire accouchée en hurlant de douleurs et de peur sous le nez de l'officier allemand car Meiha la sage -femme se refusait de sortir et venir à la maison "tnefesha"(l'accoucher) ....

Lilia

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Lilia

C'est la première fois que l'on traite de l'occupation allemande en Tunisie mais le film n'est pas seulement cela.
J'ai trouvé 2 articles sur le film qui vont t'intéresser et qui te permettront de faire connaissance avec la réalisatrice.
Interroge ta mère encore et encore sur cette période, je pense que tu peux trouver matière à écrire toi qui le fait si bien.
Voici les liens :
http://divergences.be/spip.php?article1194
http://divergences.be/spip.php?article1195

Bise

Michelle - Artiste Peintre a dit…

http://www.cnbdi.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=1075&Itemid=45

Anonyme a dit…

Albert Mémi a déjà évoqué l'occupation allemande en Tunisie dans la statue de sel..
C'était la première fois que j'entendais parler de l'occupation nazie au sens large .
cela m'avait laissé abasourdie et depuis je commençai à farfouiller dans l'histoire de mes "juives " pour deviner l'ampleur de cette occupation et ses répercussions.
j'appris par ma mère qui a été élève à l'alliance que ses aînés ont été forcées à porter l'étoile jaune en allant à l'école et qu'elle était née un soir de couvre-feu à l'alliance même par une sage-femme aveugle car CELLE qui était d'habitude la leur refusait de sortir de chez elle.
Vues les circonstances , sa mère n'avait pas tellement le choix que de se faire accoucher par elle (j'ai vérifié ces faits aujourd'hui même par ma mère)
elle me répéta sans grande conviction,jusqu'à mon accouchement, la vie a été mchouma AVEC MOI
du premier jour de ma conception jusqu'à la naissance et bien longtemps aprés, je dus tout arracher par la force..
tout m'a été refusée,je devais être maudite !
Je lui ai pris la main et je l'ai baisée .
J'ai fuit son regard pour ne pas pleurer

Lilia

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Je voulais dire au cinéma seulement. Le sujet de l'occupation en Tunisie commence à sortir des oubliettes. On commémore en France les tunisiens juifs déportés et morts en camp de concentration.
Récemment, on a décerné la médaille des Justes à des tunisiens musulmans qui ont caché des familles entières pour les protéger des Allemands.
Des histoires, on m'en a raconté quelques unes.
Je sais que des appartements de juifs étaient réquisitionnés.
Mon propre père fut obligé à des travaux obligatoires.Il était tout juste adolescent.
Les allemands retiraient les postes de radio des maisons juives.
Il y avait des dénonciations aussi.
Le port de l'étoile jaune...
Les allemands avaient commencé à construire des camps de concentration.
Et toujours cette question : comment les hommes ont-ils pu se transformer en monstres animés de pulsions sauvages.
Il y a eu des guerres dans l'histoire. C'est pas beau la guerre. Mais la planification calculée, froide, d'une telle extermination dépasse l'entendement.
Nous sommes des femmes et la vie nous la portons en nous, nous en connaissons trop le prix...
Ce sujet ne cessera jamais d'être évoqué car il est la honte de l'humanité.
Merci Lilia pour tes mots que tu viens déposer ici.
Bises
Michelle

Michelle - Artiste Peintre a dit…

La commémoration a eu lieu ce mois de décembre :

" Commémoration de la rafle de Tunis, 9 décembre 1942
Dimanche 7 décembre 2008, 10h40 - Mémorial de la Shoah - Paris - Cérémonie organisée avec la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 90 000 Juifs vivaient en Tunisie. La plupart d’entre-eux résidaient à Tunis. Le 9 novembre 1942, les Allemands envahissent le pays pour contrecarrer le débarquement allié en Afrique du Nord. Près de 5 000 Juifs sont envoyés aux travaux forcés dans 32 camps éparpillés dans le pays.

Plusieurs dizaines d’entre eux sont victimes de maladies, d’épuisement ou d’exécutions sommaires.

À partir d’avril 1943, commencent les premières déportations vers les camps en Europe, peu nombreuses en raison de la nécessité de recourir à des transports aériens. En mai 1943, les Allemands sont chassés de Tunisie, juste avant qu’ils aient pu mettre en application leur plan d’anéantissement de tous les Juifs.

- A lire sur ce sujet : le récit de Robert Borgel, publié dans la Collection Témoignages de la Shoah

Photo : Troupes allemandes à Tunis, nov 1942

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Un livre a paru :

Étoile jaune et croix gammée - Robert Borgel
Serge Klarsfeld, Président du Comité de lecture de la collection "Témoignages de la Shoah", présente l’ouvrage de Robert Borgel en ces termes : "À l’aide de témoignages soutenus par un appareil critique extrêmement précis, il est possible de faire œuvre d’historien. La Tunisie est un pays que la Shoah européenne a effleuré de son souffle et où les persécutions subies par les Juifs du fait des Allemands ont été, hélas, bien réelles, même si les nazis n’ont pu infliger au judaïsme tunisien le traitement spécial réservé aux populations juives tombées sous leur domination."

"Sachant à quoi ils avaient échappé, les Juifs tunisiens ont eu le tact de ne pas insister sur les souffrances et les angoisses qu’ils ont endurées.

Il nous a paru nécessaire de publier, en trois volumes de notre collection, des récits rédigés dès la libération de la Tunisie en mai 1943. Le premier témoignage est celui de Robert Borgel, avocat au barreau de Tunis, fils de Moïse Borgel, président de la Communauté israélite de la même ville. Tous deux furent des acteurs de premier plan de ce drame."

Le texte de Robert Borgel est particulièrement vivant et détaillé. Il explique avec intelligence chaque développement d’une situation de paroxysme, où les dirigeants de la Communauté tentent et réussissent le sauvetage de leurs coreligionnaires retenus entre les mains des pires criminels ; le chef de la police nazie, Walter Rauff, n’était-il pas celui qui, à Berlin, avait été en charge des terrifiants camions à gaz, lesquels avaient gazé les Juifs, des États Baltes jusqu’à la Yougoslavie ? Grâce aux multiples et remarquables notes de Claude Nataf, ce témoignage prend une dimension historique élevée ; tout un pan de l’histoire des Juifs pendant la Shoah, en un territoire apparemment éloigné et pourtant si proche de la catastrophe, est révélé au lecteur."

Voir la fiche du livre et le commander sur le site manuscrit.com


http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp?idOuvrage=10500

Tata Ichtir a dit…

Je suis née en Juin 43, juste à l'arrivée des anglais. Mon trousseau de bébé a été confectionné dans la soie des parachutes des soldats anglais..
J'entends les pas des brodequins des allemands dans notre petite ruelle, ils scandaient Aïe di Aido aïda...
J'entends l'aviation , la nuit, le couvre feu, les fenêtres de nos chambres dans notre maison arabe, barricadées...
J'entends le mot Yuden!
J'étais encore un foetus dans le ventre de ma mère!

Breitou a dit…

Et puis et surtout ces mots magiques à la rentrée des forces anglaises et américaines...

'...KHAMOUCH JENA...!! Pour saluer les libérateurs....
Ahaahaha...

Anonyme a dit…

j'ai vu le film et je l'ai trouvée sublime !! tres raffiné et subtile
vraiment chapeau !!
comme on dit chez nous "tayaara "
qui veux dire toppp
lol

yousra