Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi. Milan Kundera

La lettre a mon pere...

Présentation du livre :

"Et maintenant, Lila, je vais te dire une chose qui me brise le coeur mais que je crois indispensable à ton bonheur et à celui de Freddy..."
Freddy c'est Frédéric, l'auteur de ce livre. Lila est sa mère, et ces lignes ont été écrites par Gilbert Scemla, juif français de Tunisie, le père de Freddy, le mari de Lila, ancien élève de l'Ecole polytechnique, peu de temps avant qu'il ne soit exécuté par les nazis.
Si Frédéric Scemla, plus tard Gasquet, a été malgré tout heureux, pour suivre l'injonction paternelle, il le doit à sa mère et à son père adoptif qui a été son père "sur terre tandis que l'autre père était au ciel". C'est à soixante ans, pour ses enfants, pour lui-même et pour l'histoire, que Frédéric a conçu le projet de reconstituer la vie, les derniers mois surtout, de son père Gilbert, de son grand-père Joseph et de son oncle Jean, tous trois assassinés par les Allemands en 1944 à Halle (Saxe-Anhalt). Une quête opiniâtre de la vérité qui l'a mené jusqu'à la découverte de l'horreur particulière de leur mort.
Dès lors, il y a lieu de croire que le "devoir" d'être heureux s'effaçait devant celui, plus essentiel, de vivre, c'est à dire d'écrire, de témoigner. Ce devoir-là a été rempli. Il l'a été par la lucidité et la rigueur quasi scientifique du récit, par la ferveur de l'hommage aux trois martyrs, mais il l'a été par-dessus tout par l'amour, à la fois si difficile à inventer et si éblouissant dans son accomplissement, pour le père que Frédéric n'aura jamais connu.

13 commentaires:

Anonyme a dit…

Quand je lis de tels témoignages, je deviens triste et je me sens vieille...
vieille par de tels abominations..
vieille parce que la cruauté est sans face ...
vieille parce que je me sens biaisée par autant d'inhumanité...
vieille parce que l'histoire de ce peuple me touche, que ce peuple c'est un peu et beaucoup moi et que ce peuple a droit à la vie...
seulement , seulement avons nous assez appris de ces leçons de vie?
sommes-nous capables d'aimer sans censure, sans préjugés?
Michèle, je t'avoue que
je peux rarement regarder les infos car j'ai honte du tableau qu'on m'offre que ce soit en Israël ou en Palestine, en Afghanistan ou en Somalie....
J'AI HONTE pour moi et pour eux car je ne sais pas sur quel pied me mettre mais ce dont je suis sûre c'est que c'est affreux et que la douleur est la même de part et d'autres!
Quand j'ai lu Anne Frank à douze -treize ans , je pleurais sans comprendre ce qui lui arrivait
je lui demandais de tenir bon mais ses cris avant d'être gazée ont animé mes cauchemars toutes les nuits et si je reste insomniaque jusqu'à aujourd'hui,
c'est un peu pour ça et pour d'autres choses encore de ce genre
Heureusement que certains comme les Méritants de la médaille des justes ont été là...
Heureusement que Oskar Schindler a existé....
pour tout cela,je me sens vieille mais
grâce à ces gens là,je me sens encore capable de sortir de mes nuits pour encore aimer.

Lilia

Anonyme a dit…

Michelle, toi qui aimes me lire, toute le nuit, j'ai essayé de t'écrire en dormant,
dans ma tête et dans mon lit, debout et allongée ,
dans mon insomnie et mon sommeil,
dans le rêve et dans l'éveil!
Lis moi encore dans ce qui vient....


Il y avait si longtemps.
Plus d'un demi siècle,une vie déjà..
Elle avait à peine dix ans et était l'aînée d'une succession généreuse de frères et soeurs tous encore en bas âge ..
Sa mère l'avait inscrite en bonne mère à l'alliance israélite mais lorsqu'on fait partie d'une famille nombreuse, que l'on est en plus pauvre et démuni, que les bouchées manquent le soir pour suffire aux plus petits, le prix d'un crayon ou d'un cahier s'en ressent et l'attention sur la feuille est plus que douteuse, illégitime presque...
Il lui valait mieux s'affairer à venir en aide à sa famille..
Un sens aigu du devoir que seule une poignée de gens en est sujette!
Le reste n'est qu'opportuniste, parasite ou égoïste!
Elle rentrait les maigres années où elle avait suivi l'école directe vers la maison.Elle avait les petits à langer surtout Marcelle qu'elle adorait tellement qu'elle était frêle et à la santé maladive.
ELLE avait les lits à faire, la maison à ranger et tous les autres à surveiller...et quand la nuit arrivait sur elle, elle la trouvait harassée, cassée pour ouvrir le moindre livre ni écrire le moindre mot..
Dans un suite logique, elle commença à manquer l'école et l'école ne lui manqua point.
Ses charges ne lui laissaient pas le souci de s'y attarder .
Elle ne connaissait qu'un seul souci:celui d'aider sa mère.
Sa mère était son souffre -coeur, sa douleur, sa plaie et elle ne voulait point la voir galèrer seule.
Elle sera toujours là pour sa mère.
Comme elle aimait sa mère!
D'un amour sans égale
Comme elle était belle sa mère
Une beauté rare: grande, élancée et svelte que ses nombreuses maternités n'altéraient point.
Une amazone!
On la surnommait la "ELGIA" tellement qu'elle était belle dotée d'une blancheur laiteuse propre aux beautés juives sur de beaux cheveux noirs corbeaux ondulant seuls sans aucune touche esthétique. Ils lui valèrent aussi le surnom de "chauve-souris" quand elle passait dans la hara pour aller travailler chez ce gros industriel juif...
Dotée d'une telle rare beauté,le jeune âge et un divorce du père de ses deux aînées aidant n'arrangea point son statut de feme célibataire.
Dans ces temps, une femme divorcée était vécue comme une malédiction, une invitation au libertinage et si on n'y était pas consentant, tout s'arrangeait mauvaisement pour l'y forcer .
Du céliba,elle ne connut que des fragments douloureux qu'enlaidissaient la misère, les bouches braillantes en ces années de protectorat comme s'amusaient les colons français à titrer.
Etait-ce vraiment son choix de sombrer souvent dans des passades amoureuses lorsqu'on se sait belle, désirable et que les appels du corps sont lancinants la nuit seule dans sa couche que le froid et la faim lacèrent...
Elle était comme le décrivait si bien dans[ Les Jeunes Filles (1936) ] Henry de Montherlant
"Je suis une âme en peine, une femme de trente ans, nerveuse, malheureuse, qui n'a pas les dérivatifs des hommes: passades, voyages, affaires, vanité et ambition."
Elle était dans cet état lorsqu'elle accostait malgré sur les rivages du libertinage si on peut dire.
Elle était dans ces pensées lorsqu'une perche masculine tantôt son patron tant un amoureux fougueux qui lui jurait amour et prise en charge pour elle et pour sa descendance.
De ces amours sont nés une longue fidèle parité où seul changeait à chaque geste,le prétendant!
Elle fût fille-mère très jeune et comme sa fibre maternelle lui interdisait l'infanticide, elle se reposa sur sa mère très tôt veuve et doublement endeuillée par un veuvage et un unique garçon qu'elle perdît "azeb lé yechouik" dans des suites maladives rapides
(le typhus).
On devine bien combien sa mère était prise dans un deuil jamais interrompu.
On comprend dés lors sa passivité ou permissivité devant cette enfant restant unique terriblement belle et tellement convoitée!
Hormis une omniprésence auprès de sa ribambelle, elle aidait peu aux ressources de la famille qui s'agrandissait au fil des amours de sa fille adorée.
Seule, l'aînée "la marbouna" aidait au travail de la maison. Elle s'occupait à merveille de son frère unique et ses autres soeurs. Elle les langait, les pansait, leur faisait à manger et veillait à merveille sur eux.
Et lorsque la nuit arrivait sur eux glaciale et écrasante, elle les laissait aux soins de la petite dans le grand lit pour se tenir serrés et réchauffés.
Elle se réservait l'autre pièce pour ses ébats amoureux .
Un biorythme sexuel particulièrement actif et lorsque ses gémissements sous son homme arrivaient à son aînée tard dans la nuit, elle s'en rattrapait dans la journée par des gaucheries encore moins avenantes.
Etait-elle réellement consciente de tout cela ?
En était-elle l'unique responsable?

Elle était femme dans un monde d'homme..
ELLE était belle et désirable dans un univers rempli de vautours...
Elle était sans gage, sans culture ou fortune, ruinée par un leg riche en contradictions, malversions et temps impropres à quelconque justice ou réelle abnégation.
Elle était juive dans une contrée musulmane .
Elle était minoritaire dans une masse multinationale certes mais où le harnais était détenu en grande partie par les colons français, les riches italiens et les autochtones arabes..
Elle était une femme juive seule sans mari.
Elle devait être forcément la khahba ou la putain donc un proie facile pour tous.
Répondre aux avances de ses amoureux successivement répartis sur les années et qui lui accédaient souvent par les promesses du mariage aux moments propices était sa forme de refus de succomber à la corruption et à l'adultère.
Accepter le concubinage était sa forme de résistance aux viols et violence des rapaces .

Tous ces amants étaient des notables:
de ce bel algérien aux manières douces et embourgeoisées , à l'esprit enflammé d'idées politiques prônant l'occupation française et oeuvrant contre la rébellion dans les maquis algériens.
C'était un harki invétéré.Il fuya l'Algérie en trombe pour s'installer en Tunisie plus clémente même en ces temps de guerre.
Il tomba fou amoureux de son amazone comme il lui plaisait d'appeler et lui fît une chétive petite fille au regard malheureux.
Elle arriva le premier soir du couvre-feu allemand.
Chance ou malchance.Un honneur à la vie, un honneur à la mort sous des angles discutables!

La sage-femme Meiha qui d'ordinaire accourrait pour l'accoucher, refusa cette nuit de venir de peur de se faire tuer car les gens avaient reçu le matin et bien des jours avant l'interdiction de sortir , de les rencontrer surtout si on était juif.
Ils avaient placardé plusieurs écrits à l'entrée de la hara et des femmes se faisaient violer par les soldats allemands.On disait beaucoup de choses affreuses "allah yostor" sur eux, sur leur cruauté et leur haine des juifs alors il valait mieux ne pas courir le risque!
Un fichu sur la tête, son ventre proéminent et tétanisé par les contractions, accompagnée de sa mère, elle défia le soldat allemand qui lui remît un laisser passer pour partir se faire accoucher par une sage femme d'occasion aveugle par dessus le marché à l'alliance. c'était en novembre 1942...
Elle l'enregistra plus tard non pas sous X mais au nom d'une tante bienveillante qu'un mariage prometteur avec un officier français dont on attendait le retour d'Indochine pour finaliser le mariage.
Le fiancé ne revint jamais de guerre, il fût tué sur les champs de bataille.
La petite fille ne goûta point aux avantages de porter son nom mais une date de naissance biscornue fidèlisant le jour de leurs fiançailles avec l'officier français par un janvier 1941 sur les registres de ces temps.Un gain en années encore un tour du mektoub!
L'enfant porta toute sa vie cette plaie: sa mère sur les papiers officiels qui n'était pas sa mère, son père vivant qui fréquenta longtemps la maison mais qu'elle refusait d'approcher ni d'appeler papa .
Pourtant combien ,elle tenait de lui et lui d'elle jusqu'au dernier soupir .
Elle avait ses yeux!
Cela ,il le lui accorda mais jamais son nom.
Il descendait de la noblesse algérienne, marié à sa cousine et père de trois enfants!
puis il eût ce vieil italien riche industriel qu'un mariage catholique ligotait pour la vie.Il était malheureux dans son couple depuis une éternité déjà et l'entrée dans sa vie de cette belle jeune juive
que sa femme avait prise comme femme de ménage n'arrangeait point ses aléas....
Il lui promît le mariage une fois son divorce annoncé.
Son divorce ne vint jamais mais une magnifique petite fille arriva pour sceller leur union pécheresse.Il liquida ses affaires et repartît en Italie sans reconnaître l'unique bébé qu'il ait jamais eu!

Puis vînt une période douloureuse où les rapports de force s'inversait et où par contagion inexorable ou militantisme couvé dans le courage de certains hommes. Les temps se prêtèrent encore plus mal à la condition féminine, aux conditions des faibles et des rapports de force couvraient beaucoup de relatons.
La tendance étaient aux esprits borgnes et aux hommes machos et la belle aux entrailles généreuses fût cette fois convoîtée par un notable aux bras longs, aux biceps développés et aux manières rudes et indiscutablement marié à une cousine avec une sMala d'enfant et un patrimoine intouchable.
Là commença une autre histoire!


j'espère que tu tiens le coup , douce Michelle

Lilia

Anonyme a dit…

Désolée, je me suis pas lue ni corrigée
juste la fin tu relie
les rapports de force s'inversaient et.. les temps ne se prêtèrent ....

Anonyme a dit…

j'oubliais de donner un nom à cet écrit
tu l'appelleras toi qui aimes tant le bleu
les bleus de ma mémoire
merci
Lilia

Anonyme a dit…

Comme j'aime avoir de la suite dans mes récits et une suite dans mes idées,je laisse à ces idées sans suite le soin de barricader ma raison et de bâillonner mon silence..
Albert,où es-tu?
j'aurai aimer te voir tisser sur mon canevas fragmenté une broderie apaisante pour des idées délirantes comme les miennes...

c'était les années cinquante il me semble et le pays connaissait de grands remous.
Capitulation du colonialisme, guerre et rébellion, grave crise économique(le français n'étant point le seul à avoir sucer le jus, le ver était dans le fruit bien avant le protectorat...)
Bref, je ne pourrai m'étaler dans un tel débat,je n'en ai ni la force ni les facultés nécessaires,mes seules capacités se résument modestement à essayer de transcrire quelques images .
Fruits de la réalité , brutale percée dans un nid cafardeux ou imagination florissante sur des bouffées délirantes comme dirait le psy .
Les temps changeaient en valsant un regain de misère et de besoins élargis. Sa mère s'était installée avec un nouveau prétendant et était enceinte de la toute dernière.Cela la contrariait dans la mesure où leur situation était déjà précaire qu'il fallait en rajouter..et puis, elle commençait à grandir , à devenir femme avec ces horribles petits boutons "la kebla ou poitrine" qui s'annonçait généreuse et lui valait quelques regards insistants de certains énergumènes de la hara .
Comme elle ne s'aimait pas déjà d'être une fille que se savoir en pleine transformation pubertaire la rendait gauche, mal à l'aise PRESQUE MALADE.
Et puis son soi-disant futur beau-père avait durci l'ambiance depuis que sa mère avait fait cette petite fête en son honneur pour célébrer le menarque. Cruel rituel, tradition à la con qui marquèrent au sang et au feu sa maturité sans la moindre discrétion.
Depuis, elle se sentît prisonnière de son corps, de son évolution, de ses rondeurs qui l'embellissaient aux yeux des autres mais la confondaient à ses yeux
Et puis, elle se sentait gêner, rougir,trembler comme une feuille quand le regard de l'autre se posait sur elle.Ses allées et retour à la maison pendant que sa mère était au boulot devenaient plus nombreux.Elle se sentait piégée dans ce corps de femme qu'elle détestait et quand par hasard, il était là et qu'elle était au seau et la serpillière, elle évitait de croiser son chemin et ses yeux rouges par l'apéro et d'autres choses inexpliquées
.Dans la loi de la jungle, le prédateur s'annonce en s'abattant sur sa proie, la sienne était faible et sans soutien!!!
Et je l'entends hurler
du loin de mon âge adulte
du haut de mes diplômes à la con
du fond de mes terreurs nocturnes
du plus profond des bleus de ma mémoire
des tréfonds de ses malheurs,je..
Je l'entends hurler quand la bête a transpercé la vierge pour la tâcher à jamais!
POUR ELLE ET SES SEMBLABLES, j'ai écrit

J'appelle à la guillotine :

Ce monsieur et cette femme.

Elle hurle en premier :
Ce n’est pas moi

Ce n’est pas moi qui me suis approchée
Cette nuit et les autres...
Du lit de notre aînée.

Ce n’est pas moi qui soufflais fort et excitée
Le regard fauve aux envies bestiales
Une main sur la bouche de l’enfant,
L’autre sur son sexe qui se dressait

Ce n’est pas moi qui chatouille dans le cou
Emprisonne la bouche à l’instinct vorace
Goût du pêché
Goût du fruit défendu
Des doigts de feu s’amusent à s’égarer
D’abord dans les cheveux
Puis dans le cou, descendent peu à peu
Empoignent ses boutons
Qui viennent à peine de fleurir
Et de mourir en bougeons.

Ce n’est pas moi qui contourne les rondeurs,
Farfouille dans la complicité de nuits assassines
Du noir morveux
Du silence nerveux
Furète dans une intimité encore plate,
Joue de ses doigts de feu
Sacrilège et profanation
De ces quelques centimètres de chair et de sang !

Ce n’est pas moi qui fais grincer le lit
Dans une branlée animale
Dans des draps tièdes aux senteurs poisseuses
Sueur piquante et autre odeur fade…

Ce n’est pas moi qui fais monter le désir
Un désir d’instinct
Frappe à vie de culpabilité
Syndrome de Stockholm et chantage affectif
Agresseur et agressée
Rôles inversés

Je l’ai souvent entendue le soir pleurer
Toute enfant qu’elle était…

Coupable a-t-elle hurlé
De ces silences assassins
De ces sourdes oreilles
De ses feintes de sommeil
Coupable de n’avoir pas défendu l’enfant
Empêché de la faire venir dans le lit de papa-maman
Etrangler le désir animal
Finir avec la bête depuis des années

Coupable d’avoir laissé faire les choses
D’avoir adopté la négligence
Pour sauver les apparences
Pour ne pas faire parler les langues
Pour ne pas déranger la réalité
Pour ne pas heurter les sensibilités

Coupable d’avoir préféré le silence
Aux complaintes de l’assassinée
Le confort du secret
Aux peaux pénétrées,
Aux gémissements de douleur.
Regards hagards, foi écroulée
Fin fond des abîmes
Enfance violée et volée
Dieu absent et profondes déprimes !

J’appelle à la guillotine tous ces hommes et femmes coupables de telles profanations.
J’appelle à la guillotine toutes ces mères qui taisent de tels secrets et laissent faire les abus dans un souci de confort de famille et rarement de peur.
J’appelle à la guillotine encore ces mères qui enfantent et s’absentent, qui laissent seuls même pour un instant la bête et l’enfant.
J’appelle encore ces mêmes mères qui laissent partir les enfants chez une tante ou un parent sans les surveiller car il rôde toujours le détraqué. C’est des fois le père, le frère ou un aîné.
J’appelle à la guillotine cette maîtresse ou ce maître qui n’a rien vu venir chaque jour un peu plus, dans le mal être de cette enfant.
J’appelle à la guillotine ce médecin scolaire à la con .
Imbue de sa médecine et de son manque d’expérience qui examine l’enfant,
Suspecte les attouchements et renvoie au légiste.

Homme de loi, homme de foi
Mère en délit de démission
Père en capitulation
Médecin dans sa fougue légèrement grossier
Se laisse piéger par tant de désaveux
Laisse partir et clore le dossier …

J'appelle tout ce monde à la guillotine !


Lilia

Breitou a dit…

Lilia,

Ma langue est scotchée par tes lectures.

Parfois je deviens humble.
Parfois je deviens triste.
Je viens de survoler ton récit.
Tu voles haut D ieu bénisse pour toi.
Je suis aussi parfois pudique.
Je vais imprimer et me nourrir de tes beaux récits et essayer modestement de te répondre.

Je ne resterai pas silencieux.
Bisous.

Breitou a dit…

Je m’attendais à lire un roman à la rose
Tout au plus à la fleur d’oranger qui apaise
Et je tombe sur un monument, une prose
Qui hélas, voilà qu’elle me met mal à l’aise.

A qui appartient ce corps d’adolescente meurtri
Qui s’époumone à crier Vengeance... ?

A qui appartient ce cœur violé
Qui hurle à la Sentence... ?
A la justice des hommes... ?

A qui appartient cette voix pleine de douleurs
Qui appelle au Châtiment du coupable... ?

Nul guillotine ni échafaud ne sont trop doux
Pour ces actes, ces faits abominables... !

Mes questions s’arrêtent au seuil de ma pudeur.


/Lilia je t'enverrai un récit 'R...DE PANAMA.

Breitou a dit…

R...DE PANAMA.

Elle portait très joliment ses 16 ans.
La R....De Panama.
Ainsi l’avait surnommée, notre belle plèbe goulettoise aux yeux avinés, plus portée sur la TFARRA (attouchements) que sur l’art en générale.

Le bon goût ne se jurait que devant une bouteille de bière Celtia ou de Boukha.
Par leurs haleines fétides et puantes.

Elle avait un très joli corps, bien que pauvre, comme quoi la pauvreté est tolérante mais pas certains hommes ou femmes qui nous dictent leur morale tout en chiant par -dessus.

De jolis yeux bleus pétillants, des joues roses naturellement, sans doute que l’air marin aimait
à maquiller nos belles filles bien sages le jour mais coquines à la nuit tombée.

Fille unique, née dans une impasse sans pavés, sans lumière certes pour laisser les ombres
viriles douteuses se faufiler dans les couloirs obscurs et cela pour mieux surprendre, à travers quelques volets mal fermés les intimités des couples innocents.

Pourquoi de Panama... ? Est-ce que parce que ce canal si lointain, ce chenal alors que nous avions deux, était beau... ? Qui draine ses grands navires aux cales et pontons surchargés, bien gris et qui passent et repassent sous des pavillons douteux pour vomir leur cargaison dans des ports miséreux... ? Je n’en sais rien. Elle a hérité de cela comme héritent les jeunes goulettois du surnom choisi selon leurs aptitudes. C'est-à-dire de rien.

La jeune tarentine, sans grandes études, bien naïve se plaisait à se promener sur nos maigres avenues et chétives rues, sur la plage à la belle saison sans aucune intention, et surtout sans prétention. Elle guettait seulement le prince charmant. Celui qui lui ouvrirait les portes du bonheur.

Elle se faisait aguicher souvent à cause de ses attraits qui le lui permettaient.

Les années passent et son esprit s’allégeait. A 25 ans.
Un âge tardif pour convoler. De flirts en flirts, elle titillait la malheureuse, sa chance. A la recherche de sa belle étoile.

Sa beauté était toujours là mais son esprit s’amenuisait.
On se moquait d’elle lorsqu’elle passait.

Enfin, un jeune homme, frigoriste de profession et réparateurs de radios à l’occasion, chômeur le plus souvent, fainéant bêtement, jette son dévolu sur elle.
Il l’épouse sans tambour ni trompette pas même sous le son du clairon.
Encore moins sous un coq rouillé d’un clocher.

Le couple élu domicile chez les beaux parents paternels.
Deux pièces vétustes bien nouées, une cuisine étriquée et des toilettes réduites à leurs simples expressions. Juste l’espace requis pour ne pas chier à coté.
Ajouter à cela, les pièces détachées qui jonchaient le sol et les armoires sans glace et vous comprendrez que la misère existait en ce temps là, pas si lointain, encore.

Sous le joug de la belle famille, elle s’en échappait pour gouter à la liberté, loin de la promiscuité.

Son esprit errait. Son mari plus occupé à trifouiller les ventres creux des radios et des frigos
n’avait d’yeux que pour eux mais pas un trop grand amour pour sa dulcinée. Il l’a délaissée.

Il pu cependant, entre deux réparations, l’engrosser tandis qu’elle perdait son joli titre de Panama. Elle avait acquit cependant, par chuchotements, la particule de R...De Panama La Folle.

On a le titre que l’on a par la cour des cons désignés lorsqu’ils s’emmerdent dans les bars.
Les mauvaises langues n’ont pas besoin d’être ivres aussi pour se faire distinguer.

Qqs mois plus tard, son ventre grossit sous les quolibets de ces mécréants qui doutaient du procréateur.
Elle disait qu’elle avait un garçon celle qui se le prédisait. Et elle semblait très heureuse à ceux qui compatissait à son sort.

Un certain petit jour, alors que l’aube naissait, un hurlement de terreur dans la rue, fit sursauter les pigeons et les murs du quartier.

Là, sous ma fenêtre, adossée sur mon mur jaune pâle, La R...De Panama la Folle accoucha sans l’aide personne d’un garçon qui, malheureusement heurta sa tête à sa libération contre le mauvais trottoir et décède sous le coup fatal.

Les témoins, réveillés en sursaut, n’eurent pas le temps de réagir.
Une voiture de pompiers une demi heure plus tard, embarqua le petit inerte tandis qu’elle emmenait la pauvre femme toute tachée de sang.

Qqs jours plus tard, Rita apparaissait dans les rues.

Elle dorlotait un poupon dans la main.
Elle était fière de présenter son garçon de chiffon à toutes ces connaissances.

Elle avait aussi perdu ses surnoms.

Breitou a dit…

Paris le 18/12/2008

Pour changer ce temps gris et maussade.

MON SOUHAIT D ESPOIR

Ecoute ma fille Doris,

Lorsqu’elle sera en âge de convoler,
N’attends pas d’elle de trop grands diplômes.

Qu’elle soit instruite certes, éveillée,
Mais dés que le premier bon et bien venu
Se présentera, un homme vrai honnête
Gentil, doux aimant et amoureux,
De bonne famille,
Avec ou sans trop de grandes fonctions
Donne-la-lui si elle est consentante.
Ta belle ainée.

Les trop grandes fortunes bâties
Va savoir comment,
N’ont, parfois, jamais rendue les couples heureux.

N’oublie surtout pas que l’homme possède sa fortune
Au talon de ses chaussures.
Et à la sueur de son front, son mérite n’en sera que plus grand.

Anonyme a dit…

UN HYMNE GAI CE SOIR A LHONNEUR DE RABI HATTAIEB et on oublie tout pour un moment
c'était comme une fête aujourd'hui à tunis: la ziara de Rabbi Hattaieb au Borjel
Un état de siège, des flics bondant l'avenue , un cordon de sécurité pour plus d'une centaine de juifs venus de partout dans le monde avec leur kippas en sortant du cimetière et leur Thora à la main psalmodiant le Seigneur
tonton Robert y était, moi aussi par hasard inchallah yekfelna
puis à la grande synagogue avec ma mère, on passait...
CE qu'elle est belle ma mère dans ses prières à voix basse pour ses enfants et sa Lilia préférée...
c'est qu'elle y croît ma mère au RABBI HATTAIEB alih essalem
Lilia

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Merci Lilia

C'est beau ce que tu nous racontes. Moi qui ne suis pas pratiquante, je suis émue devant ceux qui ont la ferveur.
Cela me rappelle les prières que nous prodiguaient Mredeh mon grand-père.

Breitou a dit…

Essalem ââline jedda.
Trés beau compte rendu Lilia.
El farh fi qalbeq. Ou tefrah belli thab.
Amin.

TATA ICHTIR a dit…

Bonsoir Michelle, Je reconnais la patience et le sens de l'écoute que tu as hérité de mon père Mridekh (Mardochée), car devant les romans fleuves de Lilia et Breïtou, il faut trouver du temps.Bon courage pour la suite.