Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi. Milan Kundera

Le Patio... La Vigne...


Et les saisons s'écoulaient comme une éternité avant de retrouver mon patio, ma vigne, les bruits et images de l'enfance où tout paraissait si grand, les lieux, les rêves et les promesses.

Elle a pris une bien curieuse forme cette vigne. Comme si elle souffrait de l’absence de nos rires, de nos discussions quand nous étions à l'ombre de ses branches généreuses et protectrices.

Comme elle semble tortueuse et tourmentée aujourd'hui qu'elle a choisi de se déporter de la gauche du patio vers la porte de la "skiffa"*** et n'offre plus au regard sa splendeur d'antan.

Qu'importe! Elle est la mémoire de notre famille.


*** La maison est articulée à l’espace public (la rue) par une entrée "skiffa", conçue pour préserver l’intimité du groupe des regards étrangers. Elle permet d’accueillir les invités lorsqu'on ne souhaite pas les recevoir à l'intérieur de la maison.

5 commentaires:

Jacques a dit…

La terre natale est incrustée en chacun de nous.On l'a dans la peau.
L'exil est une dechirure.C'est une blessure qui ne cicatrise jamais.
La douleur de l'exilé c'est de savoir qu'il ne pourra jamais dire:"je retourne chez moi".
Peindre ces paysages,ces souvenirs d'enfance c'est une de revivre ces instants perdus en les magnifiant.
C'est pour cela que l'on ne peut regarder ces toiles sans retenir quelques larmes...
Compliments à l'artiste qui reussit si bien à nous faire partager ses émotions.

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Bienvenue à toi Jacques, oui l'exil est une déchirure et peu importe l'âge que nous avions au moment du départ.
Cette déchirure est non seulement la nôtre mais en plus doublée de celle de nos parents.
Ma Terre aujourd'hui ce sont mes tableaux et mes conversations avec elle.

Breitou a dit…

L'exil fatalitè ou destin..???

SEMHA a dit…

Le Patio, la vigne, la skika, le haleb sont toujours là. De grâce arrêtez de parler d'exil, de non retour. LaTunisie de BEN ALI est la patrie de tous les tunisiens ,elle ouvre son coeur et ses portes à tous ses enfants. Que l'on ait fait le choix de vivre ailleurs et légitime, chacun est libre d'habiter où il l'entend, mais personne n'est parti chssé de Tunisie. Les pélerinages de la Ghriba et de Nabeul réunissent tous les ans des milliers de visiteurs et le nombre augmente tous les ans.Les Tunisiens sont toujours trés heureux de retrouver leurs frères juifs tunisiens.
Vous semblez tous aimer la Tunisie par dessus tout, alors soyez plus positifs , espérez un retour, retournez y pour des vacances et la douleur que vous évoquez disparaîtra par la magie de ce pays merveilleux, petit, serein, tranquille où paix , tolérance, et ronde de tous ceux qui se donnent la main forme la chaîne de l'espoir et de la richesse de la différence.

Pascale GG a dit…

Ma famille est aussi "Pieds Noirs" de Tunisie, ma tante y est restée toute sa vie et elle nous a quitté en janvier 2008. Elle a été le lien familiale et nous sommes retournés en Tunisie à Bizerte toutes ces années, pour les vacances et d'autres moments. Ma famille ne s'est jamais sentie en exil, nous avons toujours adorés revoir la plage de la corniche, déguster les gateaux de Djimili et la citronnade de chez Nacef, sans oublier l'odeur du Jasmin. cordialement