Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi. Milan Kundera

La Petite Fregate de Nabeul plage...

"La Petite Frégate"
restaurant du bord de mer à Nabeul
tenu par Ernest mon grand-père maternel .
Il est debout derrière la jeune fille au sourire radieux.

La Petite Frégate...

Aussi loin que je cherche, je ne les vois pas ces images.
Et pourtant « La Petite Frégate » fut, ce n’est pas un mirage

La photo est là… parvenue jusqu’à moi…je ne l’attendais pas.

Je la regarde, j’explore les petits détails, où sont-ils mes pas… ?
Derrière le comptoir? Tenant la main de mon pépé, dans la cuisine…?
J’ai beau faire des efforts, aucun visage… aucune voix… au café.
Juste des souvenirs, d’une ambiance, d’une époque, rapportés ceux-là.

Et les miens alors… ?
Emportés…! Plus rien.
Ils se sont noyés et « La Petite Frégate » aussi, quelque part là-bas…

La photo n'a pas suffi à sortir du naufrage de ma mémoire.
Peut-être que les coquillages, eux, se souviennent...


3 commentaires:

Breitou a dit…

Les petits souvenirs ma Chère Michka Ne se noient jamais. Au contraire, ils flottent et il suffitde les pécher patiemment pour en faire ce que tu fais.

Ils font souvent de grands almanachs.

La preuve est qu’il te suffit d’une petite photo jaunie ou écornée par le temps pour faire remonter à la surface ce qui est enfoui en toi.

Un rien embelli ton espace.

Et ce travail de recherche est parfait. Minutieux. Parce que tu ne fais rien au hasard.

Il ne suffit pas de vivre longtemps dans un environnement aussi beau soit t’il pour avoir de très grands souvenirs du passé.

J’en connais qui ont de grands vécus dans leur ville ou pays sans jamais en parler.
Parce qu’ils ne savent pas en parler.
Ce qui est important pour eux c’est aujourd’hui.
Hier, ils n’en ont aucun souvenir précis. Ou bien si, mais ils préfèrent le taire.Le camoufler.

Ils ne sont pas capables de narrer fusse t’il un petit moment de leur vie d’avant.

Ils se sont attachés à occulter leurs émotions mais toi tu donnes avec une certaine modestie qui enveloppe tes mots, un corps, des formes des gestes et des voix à tes textes .

Et cela sent la fraicheur.

Tu en parles si bien que même les coquillages, les crevettes, les moules, les crabes et assimilés bref tous les Pierres l’Hermite
ne sauraient le raconter avec autant de nostalgie.
Peut être même qu'ils t'écoutent.
Et ils te disent Merci. :) :) :).
de les avoir rappellès.

Mon souvenir de Nabeul, la perle du Cap Bon, est très vague.
Nabeul était autant considérée sinon plus que la Goulette.

Ma grand-mère et mes parents ne perdaient jamais une occasion
pour honorer ces pèlerinages de Nabeul et de Testour.

La ‘ziarra’( pèlerinage) était pour eux une ‘ouada’(une habitude, une reconnaissance aux saints protecteurs) de notre pays pour le bien des enfants.

Je faisais parti du voyage. Bien sur.
Nous partions toujours très tôt le matin pour prendre le car de la compagnie TAT, affrété exceptionnellement pour ce genre de voyage. Une dizaine de cars faisaient aussi le trajet, bien pleins.

Le rassemblement des pèlerins se faisaient à la (Batha-place) de la Rue BAB Carthagène.

Après le recueillement, et les agapes qui s’en suivaient, papa nous emmenait, vers le midi, mes frères et moi, collationner face à la mer et je crois bien que ce restaurant de ton grand-père Ernest ‘LA FREGATE’ ne m’est pas inconnu car il nous disait dans son franc parler judéo-arabe

‘...Ijeouw ye louled, nem’chiou neqlou tarf mechiou fél ritound bahda el bhar... !’

‘...Venez les enfants, nous allons manger des grillades au bord de la mer... !’
Et nous nous installions dehors face à la mer autour d’une table drapée de papier blanc.

Pape n’aimait pas partager les mets préparés la veille et mis dans un grand couffin que ma grand-mère transportait avec elle. Souvent, la moitié des sauces tapissait les flancs de ce malheureux contenant.

Il me parlait de ‘Ritounda’ (Rotonde) pas de restaurant.
Parce que le mot ‘ritounda’ s’appliquait à tout ce qui est en plein air. Sans doute un mot piqué chez les italiens.

le soir, pour le retour, nous dormions, par la fatigue en travers des allèes en compagnie des 'hlabi' et des 'hlalleb'.

Encore merci de ce beau rappel.

Neapolisept a dit…

Bonjour Michelle, OUI" la petite frégate"a existé, en bordure de mer, à Nabeul, c'était le premier restaurant que l'on trouvait en arrivant à la plage de Nabeul sur la gauche . A présent le terrain comporte un bâtiment dépendant de la steg(electricité) et une terrasse de restaurant qui s'est installée ....
la petite frégate où nous allions pour nous déshabiller pour aller nous baigner, la petite frégate qui grouillait de monde le jour de la ziarra de Nabeul, car on venait de tous les coins de la Tunisie, La petite frégate où nous allions nous doucher après la baignade, au fond du jardin derrière ,en nous aspergeant avec des seaux d'eau glacée que l'on sortait du puits. La petite frégate avec derrière la petite halte gargote de Noura.
La petite frégate où les jeunes gens et jeunes filles se retrouvaient autour d'une brick ou d'un plat tunisien . Que de souvenirs, on arrivait en calèche, en car où à vélo que l'on posait sur la barrière.Souvenirs heureux d'une jeunesse sans "dorures" simple mais tellement riche de sentiments. Valeurs inestimables d'un passé qui ressurgit par l'amour des racines ancestrales.Continue à fouiller Michelle afin que nul n'oublie!.....

LyseClo a dit…

Bonjour Michelle
Tes mots sur les rêveries m'ont touchée à un point que tu ne peux imaginer
Je vais pas bien en ce moment et tes paroles ont été des petits pansements.
Merci
J'ai ouvert un autre blog mais le coeur ny est pas .
je ne sais pas si je vais le continuer
Je t'embrasse et merci encore

Désolée dêtre hors sujet par rapport à ton billet