Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi. Milan Kundera

La maison au balcon...


Loin …Loin…Loin...J'étais là…
C’était avant rue Ben Aïssa
La maison au balcon
Où est né le premier garçon
J’avais à peine deux ans
Et dans les bras de mon père
Apaisant ma peur d’enfant
Des cris de douleur de ma mère…
Du coté des femmes, youyous à la place
Scandés de terrasse en terrasse
Et sur leurs lèvres ton prénom
Tu étais là mon frère…

Loin…Loin…Loin…J’étais là...
Bien après la rue Ben Aïssa
Dans l’insolence d’un été en France
Tu reposais dans ta maison de bois
Et ces poignées de terre sur toi
Ont laissé à jamais ce cri en moi
Une douleur toujours aussi vive
Car plus rien n’a été comme avant
Le beau jour de la maison au balcon…
Et sur mes lèvres ton nom et les larmes
Tu n’es plus là mon frère…


11 commentaires:

moghrama a dit…

un cri de douleur qui me touche au plus profond de moi même !.. je sens que tu as perdu ton frère deux fois , en le perdant vraiment , et en perdant de vue la maison qui l'a vu naître
..mais c'est la vie , nous n'avons pas le choix
que ton frère repose en paix

Azwaw soumendil awragh أزواو سومنديل آوراغ a dit…

C'est tres dur la perte d'un être cher , que dire du frère qui est probablement frère copain et ami. Tous les mots n'arrive pas à apaiser cette perte et cette déchirure. avec toute ma sympathie.

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Merci mes amis pour vos messages. Quand Mourad, mon ami de Nabeul a pris ces photos de la rue Sidi Ben Aïssa pour moi, je savais que le souvenir de cette maison était fortement lié à mon frère.
Il y a eu la naissance mais aussi la circoncision et d'autres bons moments.
C'est d'autant plus douloureux qu'il n'avait pas encore dix-neuf ans quand le drame a frappé la famille.
Et moi j'avais 21 ans et je traine ce cri encore aujourd'hui. C'est ce qui me constitue. Sa disparition a constitué un ciment entre nous tous . Je l'aimais trés fort, en parler c'est le faire vivre un peu...
J'ai appris qu'on ne dit jamais assez "je t'aime" à ceux qu'on aime...

Breitou a dit…

J'ai lu.
Emu, je le suis.
Peu mais grandiose.
Ton écrit.

Me serait t'il possible
D'inscrire ta belle prose
Ailleurs, là où tu sais
Où je vis le plus souvent...?
RM.

Albert.

TATA ICHTIR a dit…

Je viens de prendre connaissance de ton cri de douleur et les sanglots m'étranglent car les souvenirs heureux et douloureux de la naissance d'Eric et de sa disparition transpercent mes "intestins" comme on le dit en arabe. Oui tu l'aimais, oui je l'aimais, je connais ta douleur celle de mon frère et de ma cousine de belle soeur, ta maman, j'ai tout traversé, tout est ancré dans ma mémoire et dans mon quotidien, car comme pour ceux que tu connais et que nous avons perdus, je les évoque en permanence. Te souviens tu de toi et Eric venant me retrouver lors de mes escales à Orly, te souviens tu de vos bétises communes à nabeul, dans la maison et je vous grondais. Eric vit en nous, il est parti à la fleur de l'âge, mais il vit en nous. Je suis contente que tu en parles. je t'aime ma première nièce pour toute notre complicité et pour tout ce que tu as gardé en toi en sentments pendant de nombreuses années.

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Moi aussi je t'aime et ça fait du bien de te le dire...

noureddinebenhmida a dit…

C’est un poeme qui m’a vraiment touche ,votre maison au balcon.J’ai voulu jouir en m’exprimant de la sorte.ca ne m’arrive pas souvent.je suis critique,je travaille tellement sur le texte, texture, structure et tout ca, que je perd parfois le beau du champs interactionnel .cette fois j’ai mordu , enqittant le poeme avec un long soupir et des souvenirs.ceci dit ,je te montrerai ,la prochine fois que tu n’as pas parlè de mort mais de vie.c’est un poeme plein d’envie de vivre. Merci .fais moi signe pour te donner le raisonnement du critique

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Bonsoir noureddine,
Je lirai avec intérêt le raisonnement du critique...
Tu sais ce texte est sorti du plus profond de moi, et on a mal au corps ensuite.
C'est comme en peinture ou l'on alterne entre souffrance et exaltation...
@ bientôt

herbert a dit…

Michèlle, c'est un poème très émouvant.On pénètre doucement dans une douleur qui est la tienne. Et tu l'exprimes si bien.

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Merci Herbert.
Que la vie est cruelle quand elle vous prive des êtres chers...
Il est toujours là...Il a toujours 19 ans...

Anonyme a dit…

mimiche j ai lu j ai vu je suis emu et en plus tu sais ecrire aussi que nous caches tu encore!! je t aime si on ne se le dit pas maintenant c chose faite a vendredi.tu devrais mettre la photo avec eric devant la gargoulete geante je crois que c etait a nabeul