Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi. Milan Kundera

C'est la faute du soleil...


" C'est la faute du soleil " répondait l'étranger de Camus à ses accusateurs.

Il brulait tellement fort le soleil de ma Tunisie que j'ignorais à quel point son souvenir allait me poursuivre.

Tout a commencé au zénith d'un mois d'août...Il jeta sur moi sa lumière d'or comme on jette un sort.

Et les années passées dans les contrées parisiennes ne m'ont pas apaisée de son ardeur sensuelle...

Pire, il me manque, me tyrannise, m'obsède...

Je le surprends sautant d'un mur à l'autre de la médina dans un jeu infini d'ombres et de lumières jusque tard, et revenir plus glorieux encore au nouveau matin...

Alors...C'est la faute du soleil la Tunisie et moi...Sa faute encore mes pinceaux qui prolongent son jeu sur la blancheur éclatante des terrasses...



30 commentaires:

TATA ICHTIR a dit…

C'est la faute du soleil qui dardait dans la cour intérieure de notre maison arabe. Ce soleil qui a buriné le visage de nos anciens. ce soleil qui séchait le linge blanc immaculé, trempé dans la "boutchia", ce soleil sur les moitiés de tomates salées,ce soleil dont les rayons filtraient à travers les moucharabiés de nos voisines, ce soleil que nous aimons tant. mais toi Michelle tu l'as vu la première fois le 6 Août et six années durant mais il a pénétré ta peau, tes tripes, ton sang et voilà aujourd'hui encore il est en toi.
Comme j'ai apprécié ton t'exte et comme je suis fière' de ma nièce chérie. ma première nièce.

Anonyme a dit…

Ton tableau est très paisible, Michelle, très ouvert, comme si vraiment nous étions face à l'horizon... sous le soleil...exactement!
je t'embrasse,
@ bientôt,

Michel

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Que du bonheur vos messages !
Merci et des gros bisounours à vous deux.

Breitou a dit…

‘...C’est la faute au soleil,
Si nés là bas, nous en portons les stigmates.... ?

Est-ce la faute au soleil,
Si les ombres sont si belles... ?

C’est la faute au soleil
Si nos sourires sont illuminés de rayons d’or... !

Aussi la faute au soleil si nos souvenirs se ravivent de blanc d'or à ses dards... !

Combien de fautes allons-nous reprocher à ce soleil de Tunis
Que nous aimons tant et ne nous quitte jamais.... !

Tel un plastron sur nos fronts, nous revendiquons sa faute... !’


Un petit clin d'oeil à tata Ishtir.

Anonyme a dit…

c'est la faute du soleil si je suis toujours suspendue à mon passé...
c'est la faute d'un soleil qui se lève toujours chaud comme pour brûler au mieux cette envie d'oublier et de ne plus rester seule avec mes souvenirs
SOUVENIRS SOUVENIRS répète éternellement en moi, in utéro une radio
souvenirs du temps d'une rue du Mkass grouillante de gens de multinationalités la plupart analphabètes mais ouverts dans leur majorité ...
je revois encore dans une mémoire fripée dans un angle de cette même rue ou juste derrière la petite synagogue où je brûlais jadis un cierge effervescent d'espérances et de prières muettes puis courrais toujours dans cette même rue vers le fameux marchand de GILAT( une sorte de glaces traditionnelles) les meilleures que j'eusse jamais goûtées préparées avec science dans un tonneau rempli de fraises et de citrons et qu'il tournait majestueusement en chantant à la manière d'un tour de potier ....
SOUVENIRS SOUVENIRS répètent encore mon disco
souvenirs des jours heureux où espiègle je croyais encore au père Noël que je fêtais avec mes amies du quartier bint Etalyana (fille de l'italienne)ou encore celle de la maltaise et qui me laissaient accrocher sans gêne en haut de leur sapin une guirlande ou un cadeau
SOUVENIRS SOUVENIRS renchaîne mon cerveau qui zappe mon présent et revient sur cette terrasse où nous guettions en dizaine les étoiles et où nous hurlions à qui mieux mieux nos coings embaumant la girofle d'une main et de l'autre nous pointions le ciel et comptions les étoiles signant la fin du jeûne de YOUM KIPPOUR ..
Puis la ruée hilare dans les escaliers pour retrouver des tables surdimensionnées en longueur dans nos folles petites têtes mais abondes en victuailles
Des tables seigneurales pour des familles aussi modestes que les nôtres...
SOUVENIRS SOUVENIRS de cette voix chaude qui s'élève majestueuse dans le ciel encore rouge victime d'un soleil assassin ..
elle appelle à la rupture du jeûne de ce jour saint du mois de RAMADAN alors je me vois me couvrir la tête d'un foulard ou d'un chiffon et me joindre à ma famille pour la prière du Mogrob(crépuscule) ....
c'est la faute du soleil si je n'oublie pas car il s'efforce de griller au plus vif les moindres replis d'une mémoire ancienne pour qu'elle reste à l'ordre de mes jours sur un pied nostalgique et dansant
voilà moi aussi c'est la faute du soleil si je tiens à vous rejoindre de cette Tunisie que je ne sais si je dois aimer ou..
LILIA

Fay a dit…

Vive le soleil, celui de la Tunisie, celui de la méditerranée, celui qui inonde ce blog ou j'aime à venir.

TATA ICHTIR a dit…

A vous tous mais surtout à Lilia, le temps n'efface pas la mémoire, c'est grâce à elle que nos valeurs survivent. Comme lilia, sur mon peiti bureau éclairé par une petite veilleuse, tard le soir, je mettais ,à Noêl, une branche d'arbre dans un pot, avec du coton, je dessinais la neige, avec des rubans, les couleurs de ce petit arbre et j'attendais le père Noêl!!!
Comme elle je me rendais avec ma nourrice à Sidi El fehri(chey lilleh) à Dar chabaane pour prendre les bougies et faire des voeux, ensuite on allait au bain maure et Omi mneya me racontait les histoires de "Omi Khnifssè", Pour le ramadan , le 27 au soir nous montions sur les terrasses faire des voeux à minuit, pour lea veille de Aguine, nous nous réunissions dans notre ruelle pour éplucher les glibettes de melon afin que nos mères en fassent des confitures. Pour kippour v^etus de nos plus beaux atours, nous jouions près de la synagogue....
Et oui ce mélange de culture, cette sérénité, cette vie simple ,mais oh combien riche nous convenait nous remplissait. Et afin que vive la mémoire, afin que nos valeurs soient transmises ,afin de réunir ceux qui voudraient être, avoir été et devenir ensemble, échangeons, rencontrons nous ,construisons ensemble l'avenir de nos enfants dans notre splendide différence.
Albert mon cher, après ces vacances
au soleil ( et en vase clos, quand "rebbi el leïl" veut ....)que deviens tu??,j'essaierai de passer un de ces jours te faire un coucou.
Et Michelle Rabbi yaïchek yé bent khouyè car ton intelligence, tes attaches pour le pays de nos racines, rassemble ,assemble, apaise et réunit les coeurs, les sentiments.

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Lilia, tes souvenirs sont beaux parce qu'ils sortent des tripes...
Rien n'est plus beau que les émotions qu'on laisse s'exprimer.
J'ai lu ton poème "soumise à une guerre".
Quelle dualité !...
Merci pour tes passages ici. J'aime bien te lire.
A bientôt

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Merci Fay d'aimer ce blog.

Vous êtes tous "mes soleils" qui illuminent ce blog.

Breitou a dit…

L’ombre de ma Tunisie.
Bouclier qui nous protégeait des rayons du soleil.
Je l’ai connu bien jeune.
Lorsque je montais à ma terrasse.
Les parapets jetaient leurs ombres sur cet plan peint en chaux vive.

La terrasse m’attirait.

Vu l’étroit espace de notre maison, et les dangers de la rue, je prenais souvent les escaliers en bois bien vétustes, il est vrai, qui menaient vers ce lieu paisible, domaine des moineaux et des oiseaux, et surtout des ‘sritats’ (cordes à linges).

Les étendages de linge, faisant office d’épouvantail, effrayaient ces volatiles.

Mon voisin de palier Jean-Jean y trouvait, à l’abri de ces ombres, un havre de paix pour étudier. Et lorsque la chaleur se faisait trop forte, un bon ‘réchan’ du robinet des buanderies(aspersion du visage ) nous redonnait fraicheur.

J’ai lu Lilia. Très joli texte à méditer.

Encore un grand coucou à tata ISHTIR que je lis sans me lasser.

Je suis désolè de n'avoir pu te rencontrer, car mon OMBRE(ma femme, l'inspecteur COLOMBA) me cachait l'horizon.

Biya mqat'aya.
Affaire déchirèe.

Gondolfo a dit…

ombres et lumière, bravo :)

Anonyme a dit…

merci Ichtir
merci Michèle
merci Breitou , ton prénom me fait sourire (d'emprunt, je suppose)
il me renvoie tendrement au passé...
au temps des glibettes épluchées et soufflées avec bruit partout sur le palier ou dans le jardin du passage où nous nous retrouvions jadis forts de l'insouciance de nos petites têtes LIBRES ...
Forts de notre promiscuité, de nos partages sans frontières, de nos identités mitigées...
IL me renvoie à mes crises de fous rires et au cris de courroux de mes amies de palier ou cousines de sang lorsque je les taquinais sur la personnalité du fameux Breitou(le jha des juifs qu'on se régalait de confondre avec tous les hommes juifs sur son caractère froussard et peureux°
Je rapporte tendrement cet épisode dans une sorte de gribouillage que j'aime intituler "Lyhoudya" et qui n'a su naître: faute de proposition d'éditeur ou de talent je ne sais plus.....
je vous suis reconnaissante de me lire
j'aime vous lire aussi
Lilia
PS: j'envoie plusieurs fois mais ça ne marche pas ..j'ai oublié comment faire pour s'afficher

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Bonjour Lilia,
Pour poster un commentaire sur Blogger c'est un peu compliqué d'après ce que l'on m'a dit.
L'idéal serait d'avoir une boite email Gmail.
Sinon tu fais comme tu viens de le faire, tu écris en "anonyme" et tu signes de ton nom.
Je t'invite à me contacter sur mon mail que tu trouveras sur le menu de droite en dessous de ma photo.
Je t'enverrais une invitation Gmail.
A part cela, Breitou n'est pas un nom d'emprunt, c'est la traduction d'ALbert je crois.
C'est un personnage qui demande à être connu, tu peux le retrouver en t'inscrivant sur son nouveau forum http://letheatredebreitou.humourforum.net/
Je ne pense pas d'après tes écrits que tu fasses des "gribouillages".
A bientôt sur la Tunisie et moi...

Breitou a dit…

Des ‘gribouillages... ? Lilia, vous êtes bien modeste.
Vous sortez de l’ombre et vous voilà dans cette belle lumière.
Et surtout, continuez à nous enchanter avec ces ‘gribouillages’ qui me rappellent
mon prof de dessins me disait souvent.... !
‘...Pouvez argumenter ce croquis... ? Monsieur Albert... ?’

Avez vu un BIM qui argumente des gribouillages... ?’ Parid.

Déjà avec ce ‘Monsieur’, je me sentais pousser des ailes flasques aux mollets alors que mon dessin lui, se faisait encore tout petit. Oui, moi je gribouillais.

Michelle a des inspirations divines, la muse est divine, elle souffle aux oreilles de ceux ou celles qui méritent, le talent. Et elle a du talent.

Votre écriture si belle, si fluide mérite largement sa place ici et ailleurs.
Croyez le petit Breitou chyââ que je suis.

Sortons de l’ombre et surtout n’ayons pas peur de bronzer.
Ce teint est fort reconnaissable et bien typique aux enfants de Tunis.
Ce teint qui continue à faire bronzer notre esprit, à le faire murir avec ces émotions si suaves toujours plus belles.

Je suis Goulettois, et je ne compte pas couper ce beau lien ombilical
Qui me lie à ce passé si beau, si vivifiant, si emprisonnant si coloré.
Michelle pourra vous en dire plus, elle qui est ma grande et belle amie.

Breitou...? Oui, il fait toujours rire en toutes circonstances. :) :) :)
Une chance.

Breitou a dit…

TATA ISHTIR dés fois je poétise comme CHYAA...

OMBRES ET LUMIERES.

Vivre dans l’ombre ou dans la lumière... !!
Que choisir.... ?
Rester dans l’ombre... ?
Eviter la lumière... ?
Ou alors briller sous le soleil
Et ignorer l’ombre... ?

Un dilemme me diriez-vous... ?
Non pas, les coulisses sont Ombres.
La scène, les feux de la rampe, Le soleil.

Le clown vit l’ombre et le soleil.
Son visage s’illumine sous les projecteurs
De la scène, le décor quotidien de la vie,
Sa face est lune le soir quand tout s’éteint.

Il s’expose pour faire rire le jour
Pleure la nuit ses peines devant son miroir.
Il est Roi certains soirs
Anonyme aussi sans ses fards.

La vie est ainsi faite d’Ombres et de Lumières.
De chagrins et de joies.
De pleurs et de rires.

‘...Sombre tristesse... ! Quitte-moi un peu,
Je veux vivre sous les ailes du soleil
Mais surtout,
Ne pas bruler mes envols... !’


Albert.
Breitou pour Lilia.

Anonyme a dit…

bonsoir
j'ai envoyé un réponse hier en vous lisant mais je découvre que rien n'est parti!
il est vrai que je suis gauche avec l'ordi comme avec bcp de choses encore...
MERCI Michèle pour ton invitation
quant à Breitou, tu es d'une gentillesse et puis combien tes mots sont encourageants mais restons comme même réaliste!
Il est vrai que le verbe m'attire mais au point d'imaginer à mes ruminations une suite, un avenir, je reste sceptique....
Désolée si je passe au tutoiement d'emblée ,je ne puis rester très longtemps guinder dans les formalités ....
J'ai toujours aspiré à avoir une certaine réserve mais elle fond rapidement et en dehors de ma volonté sûrement pour ne jamais oublier que la hara et les souks sont miens, que l'odeur de la lavande fera toujours place à la naphtaline et que le caviar n'aura jamais de poids devant mon kobz et zitoune ni je ne sais quel autre plat si cher devant ma bkaîla ou mon couscous....
Albert, ton poème m'a remué et ton clown m'a fait penser aux êtres doubles que nous sommes parfois obligés d'être, de simuler ou plutôt d'incarner comme dans une double vie, comme dans un dédoublement de la personnalité...
Tu sauras sûrement comprendre toi qui tient le théâtre de Breitou seulement très souvent on n'est plus au théâtre mais dans la vraie vie...
Jouer signifie vivre ou survivre bien des fois!
si vous continuez à avoir la patience de me lire, voici un passage dans mes ruminations écrit il n'y a pas très longtemps.

Il y a des jours comme aujourd'hui où je me sens très seule.
Il y a des jours comme aujourd'hui où je me sens très seule...
Terriblement seule.
Et c'est de cette solitude que j'aimerai parler ou écrire.
C'est un sentiment omni pressant qui taille dans la chair
Qui assassine l'air et rend la terre dépeuplée
On a beau marché dans la cohue
On a beau joué du coude et des épaules pour passer
la terre continue à être dépeuplée!
Coup de blues ou bleus du cœur
Cœur en berne ou gel de la passion
Pourtant, le corps ne manque pas d’ardeur
La tête de détermination
Un foisonnement d’idées, un pullulement de conseillers
Et pourtant, la terre continue à être dépeuplée !
C’est comme un évanouissement de la foule
C’est comme un glissement de bêtes de nuit
Dans un trou noir
C’est comme dans une anesthésie
Et qu’on n’arrive pas à voir
Tout est cotonneux et lointain
Beaucoup de bras mais pas de coup de main
Pas un mot
Pas un pas
Juste un silence nerveux
Et une immense solitude.

Lilia

Anonyme a dit…

désolée mais UNE réponse
je ne me suis pas relue et j'ai vite envoyé
Lilia

Breitou a dit…

Lilia,

Lorsque je te lis, je ne peux m’empêcher, et D ieu sait si je guette ‘ta sortie’ tous les jours, comme celles des autres d’ailleurs, de penser un peu plus, que nous vivons dans ce même creuset la vie qui nous ébouillante par moment.

La pudeur fait de nous par moment des êtres coupables.
Coupables de laisser nos sentiments enfouis dans son ‘au-dedans’.
Coupables de les faire taire. De les ‘ombrager’.
Coupables de grignoter un peu plus notre vie sans en parler.
Coupables de les terrer de les enterrer à cause de la sacro sainte pudeur.

Que c’est bon de s’épancher avec un aussi GRAND TALENT.
Tu sors de l’ombre Lilia pour nous illuminer.
Pour nous rappeler surtout combien on se ressemble malgré nos rires, nos sourires, nos peines.
Car il en faut de la tristesse.

D ieu a dit ‘...Je t’offre une heure de tristesse pour 23 heures de joie... !’
Je suis persuadé que celui qui nous a rapporté cela a dû inverser les chiffres.
Mais bon je ne peux pas mettre en doute les paroles du Seigneur.

L’homme ou la femme heureuse ne doit rien à personne.
Chacun de nous assume comme il peut l’heure présente mais pas l’heure d’après et malheureusement personne ne peut inverser son cheminement, c’est le Mektoub. La destinée.

Nous vivons sur le qui vive et chaque minute qui passe, on se dit HAMDOULA OU BAROUCH ACHEM OU MERCI MON D IEU, est une minute de vie, de bonne vie, car on se dit est ce que l’heure prochaine sera-t-elle aussi ‘belle’ que la précédente... ? Tant nous portons l’angoisse du lendemain en nous.

J’ai toujours regardé vers le ciel rarement vers le sol, sauf pour éviter ‘une guelta’ un trou.
Non pas parce que le ciel est bleu mais parce que je veux être en perpétuel relation avec D ieu. Je pria à ma façon.

Je suis un homme aussi qui vit dans la peur.
Un rien me fait sursauter, j’ai horreur du combiné surtout lorsque s’affiche le numéro de téléphone d’un mes proches, et je sais qu’un jour j’irais fleurir les belles campagnes du ciel bleu. Je suis un ANGOISSE-MAN.

Alors avant que cela soit, j’ai pris le parti de me faire rire, et d’essayer de faire rire les autres.
Par n’importe quel moyen. Je ne veux pas être triste, je ne veux pas de la monotonie.
Je veux seulement vivre dans le rire et partir dans le rire. Et pour paraphraser Brel je dirais ‘...Je veux qu’on rit je veux qu’on danse lorsque je partirai dans le trou... !’

Je me suis fait un théâtre dans lequel je ne joue presque rien sauf celui de me chatouiller les méninges par certains jours gris.

Lilia, je suis très honoré de te lire.
C’est un immense plaisir.

Michelle est une dame de couleur, de grand talent, qui nous offre un lieu qui rassemble des inconnus d’hier et qui, grâce à leurs proses émotives deviennent, avec le temps de vrais fans amoureux de ce qu’ils écrivent.
J’en suis un.
Merci.
R.M.

Albert.

Anonyme a dit…

Albert
Que ta lettre est belle et
combien elle me rend légère...
MERCI CHER INCONNU POUR AUTANT DE CONFIANCE
Merci pour autant de générosité car il n'y a que les grands pour savoir ainsi donner.
moi aussi, j'adore rire même quand je voudrai pleurer...
j'adore blaguer quand tout prête au sérieux...
j'adore ...
J'adore...
j'adore mais parfois les envies s'envolent pour mourir et mes rêves se fracassent avec beaucoup de bruit au plus profond de moi même...
Toi aussi, ton écriture est belle
elle sait nous atteindre.
je suis heureuse de te lire et je suis autant que toi aussi impatiente pour ouvrir chaque jour que Dieu fait le blog de Michèle pour vous lire tous les deux...
Avant de finir, je voudrai savoir c'est quoi la signature avant ton prénom R.M
si tu aimes toujours me lire, voici un extrait de LYHOUDYA, il est un peu cru mais fais avec , je ne dois au passé que la vérité et mes tendres souvenirs .

Coup de panique gravé indéfiniment dans l’esprit ressurgissant à chaque fois qu’une coalition indésirable devient plus que certaine.
Fuite en avant et l’irréparable coup de l’autruche parce qu’un malaise venant de l’enfance continue à sévir dans mon âme endolorie où les étiquettes et les mots essentiels ont toujours manqué au bon moment....
Je ne saisissais toujours pas ni à cet instant ni les jours à venir ou plus exactement cet après-midi à quatre heures où ma domestique m’ordonnait de presser le pas. Nous courions presque sur le chemin du retour. La maison n’était pas bien loin mais le jeune âge surdimensionne toujours les espaces ainsi que les distances.
Tétanisée par une peur inexpliquée, je humai au passage des fumées noires qui s’élevaient au dessus des toits des maisons, au dessus de certaines maisons de mon quartier. C’étaient les années soixante sept et j’avais à peine six ans.
Âge encore fragile et insouciant pour se saisir du cours politique des événements en particulier des événements israélo -palestiniens. C’était effectivement très grave.
Des gens couraient de partout. Certains hurlaient dans une hilarité choquante et un engouement animalier.
Des drapeaux flottaient, d’autres brûlaient par terre. Certains les piétinaient en hurlant. Des cris de fauves .Un énorme nœud se fila dans ma gorge, une vision d’horreur dans les yeux.
Ma Deda allongeait sa jambe poliomyélitique comme elle le pouvait me tirant par la main dans son steppage maladroit chuchotant des prières inaudibles.
Je me rappelle juste que je courrai à perdre haleine.
Une folie meurtrière s’était emparée de ce peuple pacifique le jetant dans des violences terribles. Des émeutes fusaient de partout clamant des slogans antisionistes. Dans ce mouvement de colère générale, des doigts de feu incendiaient des magasins et des boutiques appartenant à des juifs en y jetant des cocktails inflammables préparés sur le tas. Profitant du trouble, des mains criminelles forçaient les rideaux métalliques, pillaient et se livraient à des actes de vandalisme et de violences extrêmes. On raconta par la suite que des postes de télévisions furent chargées sur les épaules pour prendre leur chemin vers des maisons inconnues, des bijoux et pierres précieuses des joailliers juifs s'écoulèrent curieusement vers des boutiques des concurrents avoisinants qui s'acquirent à bas prix et en douce ces richesses tellement convoitées. Des jeunes émeutiers ignorant tout des raisons véritables des troubles, guidés par ce mouvement de masse s'octroyaient le droit d'appropriation des biens des juifs les "khoffar" (athés) en joignant le devoir à l'utile. Confusion générale, comportements absurdes dans une ignorance totale de l'extrême civisme de leurs ancêtres musulmans qui alla jusqu'à interdire les crimes de guerre, l'inconduite vers les vieillards, les femmes et les enfants de l'ennemi. Ils allèrent dans de très belles leçons d'humanité à pousser au plus loin leur indulgence pour sauvegarder le droit de citoyenneté pour les communautés autochtones de confessions différentes en particulier juive, durant leurs belles années lumières.
Il est des vérités que nul n'est en droit de nier car il suffisait à ces jeunes émeutiers de se retourner sur leur passé pour pousser la porte de l'Histoire, cette superbe femme sans visage et attache pour nous rapporter l'histoire des siècles passés, des générations précédentes, pour apprendre de leurs fautes , empêcher de nouveaux crimes de guerre et éviter surtout de perpétuer le mythe de Caen et Abel en tentant de renouveler l'alliance entre les frères, celle de l'humanité entière .
Une haine séculaire, vieille comme le temps refaisait surface. Je ne sais qui s’est déjà prononcé comme cela mais c’est vrai que l’on pouvait toujours composer avec toutes les lois et les régimes du monde, la réaction du peuple reste toujours redoutable et imprévisible!
Une hostilité bâtarde et sans face s’installait succédant à une amitié ancienne mais infiniment frêle pour bien se prêter et résister aux heures à venir.
Moins d’une heure auparavant, ces mêmes gens vaquaient côte à côte à leur occupation avec pour préoccupation première : assurer le repas du jour de leurs familles respectives et pour second souci : un jeu de carte "chkobba" inachevé de la veille ou d’une revanche amicale sur ses compagnons :le juif ou le maltais-italien, ses voisins de palier ou du même quartier. Café turc ou thé bilnaenée (à la menthe) était de règle et le perdant les payait dans l’humour et la gaieté. Mitoyenneté exquise avec une délicieuse délicatesse et un respect de l’autre sans précédent !
Brutalement, une paix sociale exemplaire s’effritait au grand jour et une fracture profonde disloquait ce peuple si étroitement réuni. Bien au-delà de nos frontières, des évènements politiques s’envenimaient, une guerre éclatait mais loin, très loin de ma terre natale, de mon quartier. Cela aurait dû m’apaiser pourtant certains esprits borgnes et malveillants y virent un encouragement pour exprimer de vieilles rancœurs très souvent indépendantes et sans relation directe avec tout débat politique. Longtemps, la guerre continuera à se faire sourdement partout dans mon pays, dans mon quartier, dans ma propre famille et surtout dans ma tête.
Je courais et un sanglot nouait ma gorge interdisant tout souffle et tout arrêt.
Toujours cette même fuite en avant au seul pressentiment d’un danger imminent.
Toujours cette même panique, cette peur venant de loin, de mes profondeurs.
Je pris involontairement le temps de photographier au passage dans une mémoire troublée et sourde l’image de la petite synagogue du coin brûlant sous les braises d’un feu haineux. Personne ne prît la peine de crier au feu ni d’alerter les pompiers. Il me semblait curieusement que certains se délectaient du spectacle.
Oui, la petite synagogue, la mienne à laquelle, je partais escortée de ma cousine , souvent allumer un cierge tous les vendredis au crépuscule, je crois car je ne sais plus. Craintives et muettes, nous marmonnions en silence et avec toute la ferveur de notre âge des prières au Seigneur tout en jetant des regards furtifs et perplexes vers le rabbin ou quelques autres fidèles qui se mouvaient d’avant en arrière, une calotte noire ou un mouchoir sur la tête.
Des fois, une crise de fou rire à la vue de tous ces gens se ballotant à ne plus en finir nous prenait et nous valait beaucoup de yeux ronds et quelques taloches. La prière terminée, nous nous élancions dans une cours effrénée… ma cousine et moi vers la rue du "mkas" pour retrouver le marchand de Gilat, le plus célèbre, le meilleur qui pût exister à nos yeux sur terre.
Age délicieux aux confins du sucré et de la douceur. Il faut bien peu de choses pour faire le bonheur d’un enfant pauvre !
Tout lui était artisanal. Il nous faisait passionnément languir chaque fois qu'il s'arrêtait de faire tourner le fameux tonneau rempli de sa délicieuse coulée de gilat pour remplir l'espace presque virtuel de thelj soit de glaçons et de givre du second tonneau qui contenait le premier et qu'il faisait savamment actionner à la manière d'un tour de poterie. Les glaçons concassés et écrasés de cette manière faisaient givrer notre gelée et de très belles et fines lamelles rouge fraise se détachaient au fur et à mesure qu'il remplissait généreusement nos cornets à un "dourou".
Plus jamais, une glace ne sera aussi délicieuse et aucun tube de gloss de la mode actuelle ne saura empourprer aussi coquinement nos lèvres comme le gilat de la rue du "mkass" !


j'espère te lire bientôt pour connaître ton avis à propos de ces ruminations
Lilia

Breitou a dit…

R.M. Rabi Mââk.

Que D ieu soit avec toi.

Je deguste ton petit lait avec mes Kallogs.

Je reviendrais.

Tu vois comme ce petit tableau d'OMBRES ET DE LUMIERE peut causer comme 'degats' en nous.

C'est magnfique.

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Lilia,
Tout simplement magnifique ! Les images devant les yeux... Un décor planté en séquences absurdes sur une folie collective où les sanglots ont épuisé les poitrines et éteint les regards...Incompréhension d'une situation déchirant les enfants de notre magnifique Tunisie !
Merci Lilia

Anonyme a dit…

Merci Michèle d'avoir apprécié..
UN arrière goût de alkame et de d'horreur zappé dans un long métrage de quelques années déjà!
Et pourtant, il n'y a pas que du noir dans mon cahier mais des touches de ce magnifique blanc et bleu que tu sais si bien dessiné!
Le blanc de cœurs qui savent vite cicatriser, le bleu de la mer qui sait tout envelopper dans des airs de fêtes sans fin , de l'opulence sur nos tables et dans nos vies... Le tout peint dans un charme sans égal de contradictions et de discorde bercé par le son de la darbouka et des youyou de mes femmes réconciliées ...

Lilia

Breitou a dit…

Lilia,

Je ne sais pas si je dois te donner la répartie.
Je commence à me trouver des complexes devant tes écrits.
Je ne sais pas si je dois continuer à palabrer ou seulement à te lire.

Comme soudain je deviens pauvre de paroles devant ton récit.
Je n’ai pas l’habitude d’encenser beaucoup de proses.
Michelle le sait et de les lire jusqu’à la fin me fatigue
Mais là je me sens ensorcele (mess’hour) piégé
Dans cette corbeille de soie brodée de noir, de fumée, de bleu
De blanc et de pureté, j’ai comme une envie impudique de serrer dans mes bras
Tes émotions, tes sincères sentiments si bien exprimés avec une facilité déconcertante.

Je ne sais pas si je me suis si bien exprimé.
J’essaye quand même sans user de mots savants
T’avouer que je suis enchanté de boire à la source de tes mots.


Albert.

Breitou a dit…

Lilia, j'avais écrit celà pour mon amis Michelle, quelque part.
Et il aurait pu aussi te concerner.
Donc voilà....

La Source.

D’une source jaillit l’eau vive.
Les souvenirs sont ainsi.
Limpides et clairs. Et s’étirent.
Ils coulent sur le lit de ton enfance.
Cette mémoire dorée d’antan.

Des chants, des odeurs, des petits pas, des blas- blas
Des parfums, des effluves qui ne te quittent pas.
Des photos, des paroles sages que tu n’oublies, n’est ce pas... !
Et soudain tout redevient magique comme par enchantement.

Le rideau s’ouvre, spectateurs, sur sa scène
Sur ses planches vernies défilent ses envies,
Ses contes et histoires souvent narrés par l’ancien sur le seuil d’une skiffa* (couloir)
Pas loin d’un ‘bir’*où dort l’eau sereine n’est ce pas ... ! * Puits.
Qui rappelle le reflet d’un visage d’enfante.

Où d’un cep de vigne qui pousse et s’allonge avec les ans.
Vétuste sans doute mais toujours vert à ton regard d’aujourd’hui.
Le voilà qui longe des années plus tard la lisière de ta mémoire.

Sans vieillir, il s’abreuve en secret
Sans perdre ses racines, il vit comme vit en toi
Ta petite jeunesse jolie
Et aujourd’hui femme épanouie.

L’oubli s’oubli lorsque le vent du passé caresse
La palette de tes couleurs dont tu connais l’ivresse.

Heureuse icelle qui revient de loin, pépé
Pour redonner vie à celui qui ne meurt jamais.


Elle aurait pu dire Mesdames et Messieurs

‘...Peindre est ma vraie nature... !’

Car qui peint son pays peint aussi l’amour.
Car qui écrit, dessine sa vie et nul mot dérisoire
Soit t’il n’est vain lorsque coule dans ses veines
Sa nostalgie.

Lorsqu’il s’agit de la croquer, son goût est amer
Mais lorsqu’on la vit en secret dans son cœur
Par sa plume ou son pinceau, alors monte la sève
De la renaissance, de la reconnaissance.

L’ingrat n’a pas de foi.
La gratitude mérite le respect.
C est de bon aloi.


Elle aurait pu dire

‘...Et combien même je peindrai... !’

Et j’aurai pu dire

‘...Et combien même j’écrirai... !’

Que de combiens lorsque l’on songe à l’autre.
A celui qui nous a bercé pas loin des terres arides
Mais auprès de l’eau saumâtre qui donne rendez vous
Aux soleils levants ou couchants.

Lorsque ma mère me dit...

‘...Toua’echt blédi... !’ ‘ J’ai langui mon pays... !)

Je la regarde ma vieille, sans mouiller mes yeux
Mais mon cœur bave la pluie du souvenir.
Je me gave cependant de que j’ai vécu
La tête tournée vers mon horizon.
Hélas, je trébuche à chaque fois lorsque je vois devant moi
Ce pays dans le quel je vis mais que je n’aime pas.


Le déraciné.

J’ai laissé mes belles racines.
Aux pays de mes comptines.
J’ai gardé dans mes vieilles semelles
Un peu de cette terre qui sommeille
Au fond de mon cœur.

Seul mon âme vole par-dessus les grands flots
Pour aller rejoindre ce qui m’est beau.
Et d’la haut, je survole, ailes repliées,
Mes ages endormis sur l’onde de mes ruisseaux.

Je n’ai pas vécu comme pacha dans son palais
Mais dans une modeste rue Hamouda Pacha.* ( La Goulette)

Riche je l’étais, non point d’argent, mais d’havre de paix.

A rouler sur des versants de montagnes nauséabonds* (Ceux du dragage du canal)
J’ai conquis la terre sur leurs cimes, en chantant.
En plantant aussi ma bannière d’enfant.

Mon adolescence, je ne l’ai pas passé en farfouillant
Les entrailles de la terre, mais à me gratter les fesses
A cause des coups de balais de mes chères maîtresses.
( Ma maman et ma tante)


A L'ombre de mes souvenirs.

Anonyme a dit…

JE ne sais comment répondre à tant d'éloge mais crois moi Albert, tu te fais petit sans raison, c'est un délice sans égal de te lire aussi.
Moi aussi, j'ai peur...
j'ai très souvent peur ...
peur de l'ombre et des lumières..
peur du bonheur quand il arrive..
peur de la foule alors que j'y suis tout le temps entourée..
peur du silence alors que je ne me tais jamais...
Peur de la solitude alors que je ne reste jamais seule..
peur des amitiés alors que je suis très courtisée..
peur du téléphone qui sonne même s'il n'est pas minuit..
peur de la figue et de prendre plaisir à la goûter..
peur du raisin et de prendre plaisir à le goûter..
peur de s'asseoir et de reposer ..
Peur d'aimer et de détester..
peur du bouliss ou hakem comme se plait d'appeler la mère d'un certain ALBERT SIMEONI que j'ai découvert ce matin sur harissa.com pendant que je faisais quelques recherches sur le net et que je ne travaillais pas...
Une peur sans cause ou peut-être si ...
Une peur ancienne , viscérale de la nuit des temps.
une peur qui me donne une grande gueule en public ...
une peur qui me fait tyran sur beaucoup de parchemins...
une peur que nourrit ombres et lumières, lumières et ombres au point de m'abrutir...
Une peur que je sais lire , déchiffrer parce que nous restons toujours humbles à notre passé.

J e ne sais si après tout cela, je garderai encore quelques attraits!
Lilia

Anonyme a dit…

C'est pas trop tôt mais je viens de réaliser que ALBERT SIMEONI c'est toi enfin je le crois ..
je t'avais adressé un email quand je t'ai lu ce matin pour te dire combien tes écrits étaient bien.
C'est à mon tour de me sentir petite,insignifiante devant autant de talent
Lilia

Michelle - Artiste Peintre a dit…

Lilia ne t'inquiète pas, Breitou quand on ne se parle pas un jour, il est triste alors il dit des bêtises comme quoi il ne sait pas écrire.
Mais je lui ai toujours dit qu'il avait un talent fou, une imagination débordante et que je ne voulais pas qu'il se dévalue.
C'est un grand Monsieur qui jongle avec les mots et je suis fière d'être son amie.

Breitou a dit…

En effet c’est bien moi Lilia.

Ombres et Lumières.

Sur un simple tableau
26 commentaires en tout.
Pourquoi tant d’engouement
Pour cette humble toile
Qui transpire la modestie.
Qui chuinte la simplicité.

Ce n’est pas du Chagall
Du Picasso, du Monticelli... ?
Passants d’ailleurs... !

Non c’est du Michka.

Voilà que notre Michka,
En plus de sa belle peinture,
Accompagne son œuvre
Par un joli ressenti.

Un muret ou un parapet, prenez cela comme vous l’entendez,
Protecteur, frontière, trait d’union entre la terre et la mer,
Le tout couronné par un bout de ciel bleu.
Et nous voilà tout d’un coup, réveillés
Par cette nostalgie qui n’en finie pas de titiller nos souvenirs.

Comme une arpète soudée à un granit, nous y sommes bien accrochés.
Si bien accrochés que cela fini par ressembler à une toison engluée
Sur nos épaules déjà bien chargées par mille et mille débits.
Loin d’être une peau de chagrin qui rétrécit
La voilà devenue, la malheureuse, bienheureuse étalèe.

Cela fait bien plus de dix huit ans que je la tanne.
Que je l’étire cette peau, tellement bien qu’elle finit
Par ressembler à notre vieille ‘batania gafsi’* usée
De mes aïeux.

Lilia,

L’édredon en soie c’est pour les autres.
Je préfère ma vieille relique qui me tient au chaud.
Je préfère les choses de ‘yam cacah’**
Pour la simple raison, qu’elles tiennent mes souvenirs
En éveil dans le micro-ondes de mes neuronnes.

• Couverture de laine cousue main fabriquée dans de la région de Gafsa, sud tunisien, artisanat tunisien. Une spécialité.
• ** D’anciens temps.
• Lilia je n’ai pas reçu de mail venant de ta part. Bizarre.

Breitou a dit…

'...Pour la simple raison, qu’elles tiennent mes souvenirs..!

Lire '...Qu'elle tient...

Lilia,

Elle a raison Michka.
Un jour sans lui parler c'est comme un jour sans pain et voilà que je déraille.

Anonyme a dit…

je viens de rentrer de chez ma mère et je vous lis avec le plus grand empressement...
je viens de rentrer de chez ma mère après avoir levé le jeûne
saha chribitkom en tunisien, on dit...
La soirée commence alors,fêtarde pour beaucoup mais jamais comme il y a si longtemps :bab souika et ses cafichantans,l'avenue de Paris et Bab bhar,les femmes en sefsari et Ali Riahi ou Om khaltoum en life..
Quoiqu'ils (je veux dire les cafés) existent toujours ou en plus luxueux mais je ne leur trouve plus le même charme, les mêmes gens...
Les temps ont changé, les gens aussi..


voici une nouvelle page de Lyhoudya comme pour changer de tempo...
comme une habitude qui s'installe et me lie à vous..

Je me revois toujours petite, jouant dans la maison maternelle dans un semi bonheur voilé par un nuage que je tentais d’ignorer.
Je me sentais aimée dans ma famille mais il y avait toujours ce même nuage gris brouillant de temps à autre ma vue et dont je me voulais loin et à l’abri.
Je n’étais point exigeante et mes joies étaient celles de toutes les filles de mon âge.
Je fondais heureuse devant la poupée de chiffon ou la barre de chocolat ou encore ce câlin doux de l’une de mes tantes.
Oh, mes tantes.
Que du bonheur mes tantes !.
J’étais au summum du bonheur, comblée par une tendre caresse, un jeu complice partagé avec mes cousines et cousins.
J’étais capable de piailler, de rire et de me confondre avec cette grande faculté des enfants de pardonner, de recommencer sans rancune, même s’il y avait dispute et chamaillerie.
Nous retrouvions nos cousins et nous nous livrions à des jeux puérils où nous éclosions nos fantasmes d’enfants loin de l’observatoire rigide de notre arrière grand-mère. Curieux de nos différences, nous nous appliquions à partir dans des découvertes parfois dangereuses poussant au plus loin, à chaque fois nos limites.
Les aînés éduquaient les plus petits sur les premières marches de la vie, nous initiant de leur savoir et leurs ruses.
Ils nous apprenaient à escalader un mur pour piquer des fleurs ou des fruits à un voisin ou à sauter très haut des escaliers pour échapper à une correction parentale ou encore à faire le guet, mentir, soutenir du regard un adulte pour affirmer ne rien savoir sur la disparition d’une somme d’argent des chaussettes de Nona qui y cachait ses sous et ne les enlevait jamais même pas pour dormir!
De leurs sciences, j’ai retenu mes premières initiations à la sexualité, le sexe et des conceptions parfois biscornues sur l’amour et ces terribles jeux de « papa et maman »....
Parfois, un silence lourd tâchait nos relations sans jamais les rompre.
Nos batailles interminables et nos secrets les plus tendres nous rapprochaient pour toujours.
Affectueusement, Lilia.