Milan Kundera

" Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi ".

Deutéronome Ch.4 Verset 9

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Hommage à mon Papa...décédé le 27 juillet 2016

 Joseph fils d'Alice et de Mardoché - né en 1928 à Nabeul - Tunisie

Tu avais ce visage-là quand je suis née...
Ma naissance a fait de toi un père, mon père...
Et lorsque tu te penchais sur mon berceau, je devais te trouver très beau...
Et c’est vrai que tu étais beau quand tu souriais avec cette malice dans tes yeux...
J’ai connu les parfums de la Méditerranée grâce à toi
Nabeul ta ville de cœur, de tes déchirures… fut aussi la mienne
Et je garde cette image de toi courant sur le sable chaud, embrassant la mer de tes bras si forts…
Tu disparaissais au loin et l’inquiétude dans mes yeux…

J’ai appris de toi la droiture, la rigueur et le souci du travail bien fait que tu nous as transmis…

J’étais dans tes bras quand est né le premier garçon
Et je répétais ces mots, aux cris de douleur de ma mère…. Rabbi fareuge mama…
Et tu as du surmonter l’épreuve de sa disparition dans l’insolence d’un été en  France…

Et des épreuves tu en as eu beaucoup, beaucoup trop et moi je pleurais en silence de te  savoir si malheureux…
J’aurais voulu être cette magicienne qui pouvait tout effacer… Mais non ma baguette magique ne marchait pas…

Mais parfois, tu me disais quand je venais te voir que j’étais le soleil qui entrait dans la maison….

Et tu as perdu ton dernier fils et là, la vie n’eut plus aucun sens pour toi… c’était il y a deux ans …
Doucement, tu as baissé les bras pour t’éteindre aujourd’hui… Et moi je t’ai pris dans mes bras…tu étais encore chaud de vie pour te couvrir de mes derniers baisers…de mes dernières caresses… avec une force que je ne me connaissais pas…

Tu vas retrouver tes fils et tu nous laisses dans un désarroi immense Maman, Thierry et moi…

Papa…mon papa… tu es notre étoile qui file vers le ciel… et l’inquiétude encore dans mes yeux…
Comment cela sera sans toi... ?

Pepe...Si tu savais...

Je remets ce texte déjà publié ici en 2007.
J'aurais tant besoin de lui aujourd'hui...


A mon grand-père…

Je te revois à l’heure de la sieste
allongé sur ton banc de bois dans la « skiffa ».

Je revois ton béret noir que tu ne quittais pas
et ta belle moustache que je venais taquiner.

Je revois les étoiles qui brillaient dans tes yeux
quand nous arrivions du pays de là-bas.

Je revois les étoiles qui brillaient dans mes yeux
quand tu me bénissais de tes sages paroles.

Je revois encore l’espièglerie dans ton regard
ta bonne humeur, ton sourire et tes égards.

J’entends ces quelques mots de français
que tu prononçais tout fier de l’avoir fait.

J’entends mes rires quand tu parlais comme ça
et de te répondre, « mais non Pépé, c’est pas ça ».

Je ressens encore tes baisers sur mon front
et la force que tu m’insufflais par ce geste divin.

Je te revois emplir la maison de tous les délices
des vergers alentours et ce n’était jamais assez

J’entends tes pas la nuit vers la porte qui cogne
et servir les fêtards avinés en manque de breuvage.

Tu n’avais pas le savoir des livres appris à l’école
mais tu avais tous les livres réunis dans ton coeur.

Et je ressens comme une sourde colère d’avoir été
privée de toi, contrainte de quitter ma maison
pour le pays de là-bas…

Quand tu es arrivé au bout de la route de ta vie,
j'ai senti le vide, le froid et ce qui me réchauffe un peu
aujourd’hui c’est ce merveilleux souvenir de Toi…



Mektoub...

On le disait chez moi pour toutes les choses de la vie heureuses, éprouvées, empêchées
C’était le mektoub…
Enfant, ce mot me faisait peur. L’idée que tout soit écrit d’avance était en soi une forme d’acceptation, de résignation quand le mektoub se riait de nous.
Il était l’explication à tout…Un mot pour soulager les maux d’une vie…Une réponse pour
l’inacceptable…
Maintes fois j’ai dit non au mektoub de ma culture. Je voulais être comme le marin qui ne peut décider d’où souffle le vent mais qui est capable d’orienter sa propre voile pour arriver à bon port.
C’est ainsi qu’un matin, je me surprends à le prononcer ce mot envoyé aux oubliettes.
Ce n’est pas mon mektoub…Ai-je répondu !

Photo plage de Nabeul - copyright Nabeulretrouvailles
En tête-à-tête …

Mektoub, pourquoi as-tu frappé à ma porte...

Alors que j’avais rendez-vous avec ma ville là-bas.
Depuis des mois se préparaient nos retrouvailles
Et chaque jour qui s’éteignait me rapprocher d’elle.

Je voulais m’enivrer à nouveau des parfums d’oranger
Soufflés par le vent dans ses rues étroites et tièdes
Et pénétrer tous les secrets de ses murs blancs chaulés

Je voulais cueillir les sourires de ma ville là-bas
Et écouter ces mots si lointains mais si familiers
Salam, sbah al kheir, Marhaba bik ya Lella…

Je voulais refaire le chemin à l’envers,
Et redevenir la petite fille insouciante, légère
Courant sur le sable chaud à perdre haleine

Je voulais me rassasier au miel de tes beignets
Et garder ce goût sucré comme un premier baiser
Doux, gourmand souvenir des bonbons d’enfant

Je voulais oublier toutes ces heures, ces années
Où nous étions séparés et comme une amante
Profiter de chaque instant passionnément

Je voulais m’imprégner de ta mer, de tes bleus
Et voir l’écume ensablée s’échouant sur ton rivage
De la plus belle des plages de ma ville là-bas…

Alors, apaisée un peu… J’aurais pu m’éloigner
Tout doucement les yeux pleins de couleurs…
Mektoub ou pas, j'ai suivi l' autre chemin ailleurs...

Chacun sa Mediterranee...

Les bleus de Nabeul
Photo empruntée sur le site suivant
http://www.panoramio.com/photo/2518747

Chacun sa Méditerranée...

Que l’on soit né sur ses rivages
Rencontrée le temps d’un voyage
Adoptée comme une terre promise
Elle est là…
Mer unique aux rêves multiples.
Elle est belle…
Nous y avons été si heureux
Quelle folie d’habiter loin d’elle
Quelle absurdité de s’en être exilé.
Elle est mon rêve…
J’ai faim de ses orangers, de ses figuiers
Je veux me saouler au scintillement de ses bleus.
Elle m’attend…
Je suis de sa terre, de ses couleurs, de ses parfums
Je lui ai fait ma promesse, je reviendrai vers elle.


C'est la faute du soleil...


" C'est la faute du soleil " répondait l'étranger de Camus à ses accusateurs.

Il brulait tellement fort le soleil de ma Tunisie que j'ignorais à quel point son souvenir allait me poursuivre.

Tout a commencé au zénith d'un mois d'août...Il jeta sur moi sa lumière d'or comme on jette un sort.

Et les années passées dans les contrées parisiennes ne m'ont pas apaisée de son ardeur sensuelle...

Pire, il me manque, me tyrannise, m'obsède...

Je le surprends sautant d'un mur à l'autre de la médina dans un jeu infini d'ombres et de lumières jusque tard, et revenir plus glorieux encore au nouveau matin...

Alors...C'est la faute du soleil la Tunisie et moi...Sa faute encore mes pinceaux qui prolongent son jeu sur la blancheur éclatante des terrasses...



Je pars...

Création d'André Chemla, 3ème génération de céramistes après le célèbre Jacob Chemla


Trop drole...!

Voici un extrait choisi du livre de Sonia Médina pour Soufiene et les autres... Là ce n'est pas le millefeuille à l'harissa des nabeuliens mais c'est tout comme...!


LES INTESTINS A LA HARISSA

Chez nous, on tartine tout de harissa. Même le pain et le beurre.
La recette la plus connue : griller du pain piqué d’ail, arrosé d’huile d’olive, badigeonner de harissa dès le matin, l’accompagner d’un café fumant. C ‘est un genre ! Un sport national ! Une drogue dure !
La harissa et du pain, encore du pain, de l’huile et beaucoup d’eau pour faire passer le feu qui fait de votre langue un torchon qui brûle.
A table, ce n’est pas du sel que l’on réclame mais de la purée rouge vermillon comme du sang de taureau qui trône en chef dominateur, crachant des flammes sur tout ce qui pourrait sembler raffiné, délicat.
On vous ingurgite de la harissa dès la première dent qui perce pour calmer la douleur ! On vous en assène une part plus importante pour vous faire oublier celle pour laquelle vous avez cru souffrir. Vous entrez dans un monde où vous ne savez plus ni pour qui ni pour quoi vous souffrez !
Un drame juif tunisien.
Vous avez du chagrin ? Votre cœur saigne ? Une bonne cuillère d’harissa vous fera passer tout cela. Mieux ! La douleur contournera la région du cœur et s’attaquera à vos intestins ! Eux, par contre se vengeront. Impitoyables et sans retenue, ils vous plaqueront ventre à terre : le gros intestin essayera de virer le petit grêle qui s’accrochera à la paroi.
Et votre ventre sera le ring désigné ! En tout cas le mien déguste plus que mon cœur....
Sonia Médina
La suite dans son livre bien sur...

Absence...

Juste quelques jours...

Je vous laisse avec la plage de Nabeul photographiée par mon ami Mourad. A gauche du Café "La Rotonde", il y avait un autre café "La Petite frégate" ou "La Frégate" tenu par mon grand-père Ernest, le père de ma mère. Il a été détruit.

Je tacherai de retrouver des photos d'époque pour les partager avec vous.


Hammam...Les Baigneuses...

Jean Auguste Dominique INGRES

Des Baigneuses d’Ingres aux Odalisques de Matisse, ces ‘ Schéhérazades’ des mille et une nuits, belles et lascives, ont nourri l’imaginaire occidental et leurs rêves d’orient…

Ces scènes de bains, intimité volée du monde des femmes où se meuvent des corps humides en une danse charnelle…

De cet espace oriental des Peintres, absents sont les enfants. Forme de pudeur, de respect, ils sont éloignés de leurs fantaisies.

Mais dans mes fenêtres de souvenirs, nous étions là… Partageant ce rituel ancestral qui rythmait la vie des familles.

J’ai donc pénétré la pénombre de ces Bains parfumés où le son cristallin de l’eau se mêle aux paroles chuchotées dans un univers hors du temps, loin du tumulte de la rue…

Un univers de femmes laissant tomber au sol leurs bouts de tissu pour devenir ces Baigneuses enveloppées d’une vapeur épaisse disparaissant peu à peu...et que seul un rayon de lumière
filtrant la voute percée du plafond faisait réapparaitre.

A tour de rôle, elles s’enduisaient de produits magiques et leurs mouvements au ralenti dévoilaient le relâchement...l'abandon...


*Texte qui relate parfaitement le rituel au hammam (petit clic) de mon enfance.

La petite fille aux pieds nus...

Sur le balcon de ma maison
J’avais un petit compagnon
Parfois nous causions ensemble
De nos rêves secrets en silence...

Sur le balcon de ma maison
La petite fille aux pieds nus
Jetait son marin à la rue
Aux dires de ma mère
Ne comprenant pas pourquoi…
Par ce geste si souvent répété
J’étais assurée de son retour vers moi.

Avec les enfants de ma rue
Sur l'asphalte les pieds nus
Nous inventions jeux et rondes
dérangés par le passage fugace
De quelques ombres mouvantes...
Avec les enfants de ma rue
Cris et chamailles mêlés au hi-han
d'un âne agacé d'un chien errant
Nous brisions le silence et la poussière des rues
Là-bas...
Comme tous les enfants du monde...




Je voulais apporter un éclairage sur la 1ère photo qui est le résultat d'un montage à partir d'une photo de Mourad avec un effet vieilli où j'ai rajouté un enfant sur le balcon et son jouet (un petit marin) lancé dans la rue. Le jeu du "Fort-da" décrit par Freud, par le jeu de la bobine.La 2ème photo des petites filles jouant dans une ruelle de Tunisie a été vieillie volontairement. Vous trouverez l'original ici.

La maison au balcon...


Loin …Loin…Loin...J'étais là…
C’était avant rue Ben Aïssa
La maison au balcon
Où est né le premier garçon
J’avais à peine deux ans
Et dans les bras de mon père
Apaisant ma peur d’enfant
Des cris de douleur de ma mère…
Du coté des femmes, youyous à la place
Scandés de terrasse en terrasse
Et sur leurs lèvres ton prénom
Tu étais là mon frère…

Loin…Loin…Loin…J’étais là...
Bien après la rue Ben Aïssa
Dans l’insolence d’un été en France
Tu reposais dans ta maison de bois
Et ces poignées de terre sur toi
Ont laissé à jamais ce cri en moi
Une douleur toujours aussi vive
Car plus rien n’a été comme avant
Le beau jour de la maison au balcon…
Et sur mes lèvres ton nom et les larmes
Tu n’es plus là mon frère…


Je reviendrai ...


Je reviendrai Rue des Forgerons...


Je reviendrai pour ton parfum...le cœur battant avec mes larmes

Je reviendrai Rue des Forgerons avec mes parents et la musique de l’enfance.

Je resterai là les yeux dans le vague, à vous chercher
Je resterai là avec mes attentes et vos ombres
Je sentirai le vertige dans l'impasse et même si j’ai grandi

Je sentirai la dureté du renoncement de ne plus pouvoir vous serrer dans mes bras…

Rue des Forgerons...

Je l'ai bien connue la rue des Forgerons de Nabeul. Et le souvenir est bien précis. C'était le passage obligé pour rendre visite à mes grands-parents. Et à chaque fois, j'avais droit à cette phrase de ma mère "ne regarde pas...c'est dangereux pour les yeux". Cette injonction qu'elle répétait inlassablement de crainte que les étincelles de feu ne viennent blesser ma vue...

De la rue des Forgerons, ce texte écrit par ma cousine qui n'est pas née dans cette ville mais qui porte en elle toute cette mémoire...Si les vécus sont différents, ils se rejoignent autour de ces quelques mots "Souk al Haddada"... ces mots... l'essence même de notre patronyme...


Rue des Forgerons

Je ne marche pas.
Je me confonds un instant avec le lieu, avec ma propre déambulation, mon regard tourné vers le minaret illuminé, le soir tombé. Les hommes encore assis attablés et l’odeur du pain, il est encore temps, il est toujours temps de saisir le dernier pain comme si la journée alanguie offrait non pas ses derniers moments, mais le commencement d’une vie crépusculaire attisée par la disparition progressive des formes, des choses et des corps.
Ni affairement, ni précipitation, je règle sans conscience mon allure sur les dalles, dans l’alternance des lumières et des ombres de la ville. C’est la lenteur, la lenteur de mes pas qui me guident, comme le prolongement de ce qui se tient derrière les portes ouvertes.
Je suis là, je suis dans cette extrême simplicité, ravie d’avoir parcouru l’espace qui sépare la cour intérieure de la place toute proche dans la splendeur du soir.
Sales, étroites, sombres, mêlant l’odeur du cuir aux détritus qui jonchent les angles fouillés par les chats en déroute, qui pourrait dire pourtant la sensation d’une révélation.
La gloire brutale de la nuit dans la ruelle !!

Corinne Haddad

Dix ans deja...

Il y a dix ans, j’étais revenue dans la maison blanche au bout de l’impasse, celle de mes premiers pas, de la porte bleue…

Où ceux de passage entraient comme chez eux. Pour quelques bavardages, prenaient place et chacun avec sa petite histoire se livrait à « Omi Alice » comme ils l’appelaient… Sur sa chaise de repos, extirpée d’un somme, elle recueillait humeurs et rumeurs de la ville.

Toujours disponible, détentes bien brèves , sans relâche ma grand-mère travaillait… Levée la première, une table toujours dressée, elle accueillait chacun selon ce qu’il aimait. Ah! Les fameux œufs battus du matin ou la soupe de "Drôo"! "Mange...C'est pour te fortifier!".

De ses heures passées en cuisine, des odeurs et saveurs de mets épicés ou sucrés qu'elle réalisait avec talent… Elle n’avait pour seul bonheur, nous voir savourer, nous resservir encore un peu…

Quand je revois ces photos, je l’aperçois debout devant la porte au milieu des deux fenêtres bleues, vêtue d’une blouse fleurie, la peau brunie de soleil, veillant de ses yeux de braise sur nous tous… C’est qu’elle était coquette ma grand-mère. Comme elle sentait bon l'eau de rose et la fleur d'oranger...!

Haute comme trois pommes, j’adorais la regarder maquiller ses yeux de Khôl, poudrer sa peau… Mais ce que j’aimais par-dessus tout, c’était fouiller dans ses tiroirs et humer les parfums de ses produits de beauté qui m'envoutaient…

Je crois bien que je ne faisais pas que cela ! Une vocation naissait le barbouillage...


Merci Mourad...

Je ne te connais pas mais je ne cesse de découvrir ta gentillesse. Ce commentaire laissé comme une bouteille à la mer sur ton site de photos de Nabeul a trouvé un tel écho que, depuis, tu es devenu mon photographe personnel de l’autre côté de la rive…
C’est aussi grâce à toi que j’ai retrouvé mes pas d’enfant dans l’impasse et le passage obligé devant la mignonne petite synagogue devenue depuis une bibliothèque, tous ces clichés que tu as pris pour moi un dimanche matin sous le soleil d'hiver...

Mes joies quand nous prenions les calèches sur l’ancienne route de la plage… Que c’était bon d’apercevoir soudain la mer, de se précipiter pour enjamber les balustrades à la romaine, sauter sur le sable brûlant, et courir très vite vers l'eau...
Pour rien au monde, je n’aurais manqué ces bains de mer se terminant à l’ombre de "la Pergola" la faim au ventre autour d’une « kémia » au goût de chez nous…

L’image est là… J’ai le goût du sel sur mes lèvres… Le scintillement de l’eau au fond des yeux…


D'hier...D'aujourd'hui...

Souk el balgha de Nabeul dans les années 60

J'avais adressé un courrier via le site officiel de la ville de Nabeul pour connaitre la date de la prise de cette photo. Une personne attentive et très aimable a répondu à toutes mes attentes. Voilà, c'est fait.
Cette photo fut prise dans les années 60, ce Souk el Balgha est à l'image de celui que j'ai connu et que j'ai traversé tant de fois, admirative du savoir-faire de ces artisans aux gestes ancestraux qui travaillaient dans l'insouciance d'une époque et dans la bonne humeur.
Le voici aujourd'hui, je ne saurai dire à quelle heure de la journée fut prise cette photo. Le matin peut-être à l'heure où l'on sommeille encore...



Nabeul, ma ville eternelle...


J'ai trouvé cette description sur le site de la commune de Nabeul très belle en parcourant internet. J'espère découvrir encore de très belles pages sur ma ville natale car tout ce qui s'y rattache me fait penser que j'ai eu la chance de naître dans cette ville de lumière, de couleurs, de parfums.

Ces vibrations que je ressens au plus profond de mon âme et que j’essaie de transmettre dans mes peintures.


Nabeul ma ville

C'est bien connu de tous, Nabeul est un important pôle de l’artisanat tunisien.

Aujourd’hui, les échoppes de poterie se succèdent les unes derrière les autres dans la rue principale.

Je n’ai pas gardé ce souvenir là de mon enfance. J’ai la vision de commerces destinés aux besoins de tous les jours. Peut-être que les potiers étaient-ils en dehors de la ville ? Voilà encore une bonne raison d’enquêter…

La poterie qui fait la couverture de ce livre d’Art semble être ancienne, je la trouve très belle.

J’ai appris au cours d’une lecture que les productions récentes souvent destinées aux touristes ne symbolisent pas la vraie poterie authentique de Nabeul dont le motif de poisson était dessiné sur un fond bicolore jaune et vert.


Emotion et petite larme...

Plus de photos de Nabeul ici

Je remercie Mourad d'avoir eu le bonne idée de prendre cette photo.

C’est exactement sous cette voûte que mon père et mon grand-père tenaient leurs commerces (sur la gauche).

Je n’avais que cette photo.

Sur la droite, l’échoppe incontournable qui nous régalait de ses bonbons multicolores rangés dans de grands bocaux de verre soigneusement alignés n’échappant jamais à notre vue.

Le magasin éclairé en face dans l’angle gauche, c’était le marchand de beignets ou ma « petite madeleine de Proust »…

Ces beignets, c’était le rituel du matin, nature ou au miel, que ma grand-mère envoyait chercher pour tous ses hôtes.

En allant tout droit la maison familiale qui a marqué tant de générations…


Histoire d'une chanson...


J'avais oublié cette chanson, la chanson de la famille.
Cet air accompagnait toutes nos fêtes.
J'entends encore cette mélodie sortir des transistors
sous la fraicheur des voutes du souk el belgha quand
nous revenions de la plage...
Les artisans à l'ouvrage chantaient et les babouches
auraient pu presque esquisser quelques pas de danses...
Mais ça...C'est dans les contes qu'on le raconte.