Milan Kundera

" Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi ".

Deutéronome Ch.4 Verset 9

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D'hier...D'aujourd'hui...

Souk el balgha de Nabeul dans les années 60

J'avais adressé un courrier via le site officiel de la ville de Nabeul pour connaitre la date de la prise de cette photo. Une personne attentive et très aimable a répondu à toutes mes attentes. Voilà, c'est fait.
Cette photo fut prise dans les années 60, ce Souk el Balgha est à l'image de celui que j'ai connu et que j'ai traversé tant de fois, admirative du savoir-faire de ces artisans aux gestes ancestraux qui travaillaient dans l'insouciance d'une époque et dans la bonne humeur.
Le voici aujourd'hui, je ne saurai dire à quelle heure de la journée fut prise cette photo. Le matin peut-être à l'heure où l'on sommeille encore...



Pepe...Si tu savais...

A mon grand-père…

Je te revois à l’heure de la sieste
allongé sur ton banc de bois dans la « skiffa ».

Je revois ton béret noir que tu ne quittais pas
et ta belle moustache que je venais taquiner.

Je revois les étoiles qui brillaient dans tes yeux
quand nous arrivions du pays de là-bas.

Je revois les étoiles qui brillaient dans mes yeux
quand tu me bénissais de tes sages paroles.

Je revois encore l’espièglerie dans ton regard
ta bonne humeur, ton sourire et tes égards.

J’entends ces quelques mots de français
que tu prononçais tout fier de l’avoir fait.

J’entends mes rires quand tu parlais comme ça
et de te répondre, « mais non Pépé, c’est pas ça ».

Je ressens encore tes baisers sur mon front
et la force que tu m’insufflais par ce geste divin.

Je te revois emplir la maison de tous les délices
des vergers alentours et ce n’était jamais assez

J’entends tes pas la nuit vers la porte qui cogne
et servir les fêtards avinés en manque de breuvage.

Tu n’avais pas le savoir des livres appris à l’école
mais tu avais tous les livres réunis dans ton coeur.

Et je ressens comme une sourde colère d’avoir été
privée de toi, contrainte de quitter ma maison
pour le pays de là-bas…

Quand tu es arrivé au bout de la route de ta vie,
j'ai senti le vide, le froid et ce qui me réchauffe un peu
aujourd’hui c’est ce merveilleux souvenir de Toi…