Milan Kundera

" Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi ".

Deutéronome Ch.4 Verset 9

Deutéronome Ch.4 Verset 9
Guestbook
Affichage des articles dont le libellé est Painting Tunisia. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Painting Tunisia. Afficher tous les articles

Ma Tunisie...Mes tableaux...

J'ai réuni pour vous une partie de mon travail sur la Tunisie accompagné d'une chanson d'Amr Diab.



L'Ecole de Tunis et ses peintres...

Comme le faisait si justement remarquer une amie bloggeuse, on ne trouve pas grand chose sur le Net concernant les artistes peintres tunisiens. Aujourd'hui, je voulais vous présenter un peintre Jellal Ben Abdallah avec une oeuvre photographiée à partir d'un de mes livres d'art ainsi qu'un extrait d'une présentation de l'artiste.
De temps à autre, je parlerai des peintres tunisiens en utilisant des documents personnels.


Cliquez sur les photos pour les agrandir

On reste encore un peu...Sur la Colline des Poetes...

"Au hasard des ruelles" Huile sur bois 61x43

Qui n'a pas immortalisé par une photo cet endroit que l'on découvre, au hasard des ruelles, subjugué par tant de beauté...
Je l'ai fait aussi et cela m'a donné envie d'en faire un tableau qui trône devant moi tous les jours
et qui illumine mon espace quand le ciel de Paris décline tous ses gris...

Un ete à Sidi Bou Said...

Sur la petite colline, les poètes y ont trouvé refuge.
Dans ce lieu où le temps semble s’être arrêté
Les amoureux se câlinent à l’écart des indiscrets...
Combien de ces romantiques touchants et silencieux
Se sont croisés et perdus au hasard des ruelles

De ce petit village blanc, bleu qui regarde la mer…

Huile sur bois

Combien d’étrangers en extase se sont arrêtés
Devant ces portes bleues mystérieuses, secrètes…
Véritables forteresses d'un monde clos et tiède
Ils ont sans doute rêvé de posséder les sésames
Et passer les seuils pour découvrir les paradis
De ces jardins invisibles dont quelques branches
S’échappent et se répandent sur les murs de la rue
Comme un feu d'artifice de couleurs et de parfums.


Livre " La Tunisie d'Antan "

Date de parution octobre 2007

Regroupant plus de 700 cartes postales du début du siècle, La Tunisie d’Antan est un voyage dans le temps qui invite les amoureux de la Tunisie à redécouvrir ce pays et la vie de ses habitants il y a un siècle. L’ouvrage s’articule autour de dix parties géographiques qui présentent la Tunisie depuis Tunis jusqu’à l’extrême Sud en passant par les grandes villes telles que Bizerte, Kef, Sousse, Kairouan, Sfax… ou par les petits villages et les oasis perdus dans le désert.

Tout simplement la vie...


Photo

"Il y a une phrase très belle d'un gitan qui dit ceci : "La plus belle vie, c'est la vie qui a connu beaucoup de souffrance"
Pourquoi...? Parce que tout ce qui ouvre le coeur fait venir de l'air...et l'air c'est le plus grand esprit qui nous vient qui nous monte à la tête...L'air c'est Dieu même en fait... C'est dieu même l'air, donc tout ce qui ouvre le coeur et parfois, on l'a si dur le coeur... il faut bien que les épreuves viennent le fracturer comme une pierre ou comme un morceau de bois sec qu'il faut enflammer. Il ne faut pas rechercher les épreuves çà serait du masochisme. Et la joie peut donner évidemment la même chose. Mais, je sais que, dans cette vie tout est mélangé, on ne peut pas choisir, c'est pour cela que je ne fais pas de l'angélisme parce que je ne choisis rien, je prends, j'essaie de prendre ce qui me vient, ce qui m'est donné, ce que je subis parfois et j'essaye de l'accueillir tout!"

Extrait interview de Christian Bobin

Pour l'écouter en entier

Des mots simples...Et pourtant...


"Les enfants sont comme les marins: où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense"

Christian Bobin Extrait de La part manquante

Maison du Sud...

Huile sur toile


De sable, d’argile, j’ai vu les maisons du Sud

En ces murs, de sublimes camaïeux d’ocres

En ce désert, le miracle d’une palmeraie.

Sur les dunes si proches quand le jour s’en va

La lumière étire ses rouges les plus éclatants.

Des légendes du désert, les cochers racontent

Le mystère des caravanes englouties par les sels…

De l’horizon lointain, une vison inattendue,

Un espoir soudain et brusquement plus rien…


Nabeul ma ville

C'est bien connu de tous, Nabeul est un important pôle de l’artisanat tunisien.

Aujourd’hui, les échoppes de poterie se succèdent les unes derrière les autres dans la rue principale.

Je n’ai pas gardé ce souvenir là de mon enfance. J’ai la vision de commerces destinés aux besoins de tous les jours. Peut-être que les potiers étaient-ils en dehors de la ville ? Voilà encore une bonne raison d’enquêter…

La poterie qui fait la couverture de ce livre d’Art semble être ancienne, je la trouve très belle.

J’ai appris au cours d’une lecture que les productions récentes souvent destinées aux touristes ne symbolisent pas la vraie poterie authentique de Nabeul dont le motif de poisson était dessiné sur un fond bicolore jaune et vert.


Un passe pas si lointain...



J'ai reçu cette vidéo ce matin.

Au fur et à mesure qu’avance ce blog, je réalise que je me suis engagée dans un véritable chantier de fouille et tel un archéologue je questionne, amasse les témoignages, le moindre détail contribue à reconstruire les pans de mon passé…

En reconstruisant ma maison intérieure, j’ai sans doute laissé de côté encore quelques pans de l’histoire familiale en Tunisie.

Ces sujets que j’abordais parfois en famille déclenchaient une telle souffrance que je décidais de pas poursuivre au-delà.

De ces larmes versées, quelquefois retenues, je décelais combien l’exil, pour eux, fut une déchirure intacte, vive que les années n’ont pas réussi à panser. On colmate comme on peut…

Ces derniers temps, j’ai risqué encore. Il le fallait… Mes parents étant dans cette tranche de vie où les années qui restent sont des cadeaux de Dieu comme ils disent…

Ainsi les shabbats s’animent d’anecdotes, de scènes colorées, de gens rencontrés, aimés, de sourires, de silences, de larmes…

Ils s’autorisent enfin…Ce fardeau est notre héritage aussi…Puisse-t-il un jour ne faire plus
mal…


Blue Secrets...

For my visitors who speak English.
Here translation of my first text "blue secrets". You're welcome.
Emotions of Childhood regained…

I was born on this land bathed by the Mediterranean Sea which I left when I was only a child but which never left me.

During those years of exile, I lived as if amputated from a part of me, of my story.
A long interior development allowed me to regain my roots and to meet with painting.

As the artist who seeks, I sought. And suddenly, I knew. I would paint my Tunisia. A first canvas was born: “Blue Secrets”.

A pressing voyage took me back to my native town where each place would become
familiar and revive my memory.

Eyes dazzled by sun, the little girl would remember and cry…

To paint my country is my way of expressing this link so incredibly strong which unites
me to this earth.

It is the respect of forms, of reality, that I live my painting, and in the desire to share my
emotions, each time more intense…


Rupture...


Comme je l'écrivais précédemment, il a suffi qu'on extrait des entrailles de la terre de Kélibia si proche de Nabeul ma ville natale, un monument sacré du judaïsme pour que coule ce texte que je me suis mise à écrire, surprise de cette émotion suscitée par ce rappel historique qui vient démentir tous les oublis concernant notre présence sur cette terre.
Quand je te peignais, je t’appelais « maTunisie »
Et mes jours et parfois mes nuits, je les passais à recréer tes soleils, tes bleus, tes ombres et tes lumières alternant entre exaltation et douleur.
Il fallait que tu vives autour de moi et ce contact charnel envolé, je l’avais au bout de mes doigts maculés de matière que je posais sur tes ciels, sur tes sables, sur tes ruelles blanches…
Tu resteras une partie intégrante de nous-mêmes...
Terre de vie, Terre de douleurs transportées avec soi sur le chemin de l’exil où parfois quelques fenêtres de nostalgie, de souvenirs s’ouvrent pour les refermer aussitôt en se disant, c’est fini tout çà…
Tu es devenue un pays en bande dessinée dont les cases d’images floues et éparses ne pourront jamais constituer un album. Il restera inachevé… On a changé l’histoire et les personnages.
Aujourd’hui, je peins d’autres terres, d’autres soleils, d’autres bleus qui m’offrent ces étincelles de bonheur que tu ne me donnes plus.

Hommes du Desert...

Je les ai appelés « Hommes du Désert » et pourtant je ne les ai jamais connus.

Ils se sont imposés à moi, ce jour là, et peu à peu, ils ont pris forme.

Altiers, la peau meurtrie des brûlures du soleil, dans des drapés ondulant comme les dunes, autour du thé qu’ils préparent de leurs gestes élégants et précis à l’ombre d’une oasis quand celle-ci n’est pas mirage et illusion.

Ils marcheront encore... En exil chaque jour dans ces lieux trop grands de lumière et de silence qui changent au gré des vents.

Alors comment prendre racine dans ce feu et ces sables ?

A travers ces « Hommes du Désert » c’est mon passé que j’ai interrogé et mon horizon s’est déplacé en arrière vers ce pays où l’on ne peut plus revenir…Car personne ne vous y attend…

Aujourd’hui, cette toile m’apporte une réponse et prend tout son sens.

L’exil est comme un désert de feu et de sables, c’est un vide cruel qu’il faut fertiliser jour après jour pour qu’il devienne une oasis…

Le Patio... La Vigne...


Et les saisons s'écoulaient comme une éternité avant de retrouver mon patio, ma vigne, les bruits et images de l'enfance où tout paraissait si grand, les lieux, les rêves et les promesses.

Elle a pris une bien curieuse forme cette vigne. Comme si elle souffrait de l’absence de nos rires, de nos discussions quand nous étions à l'ombre de ses branches généreuses et protectrices.

Comme elle semble tortueuse et tourmentée aujourd'hui qu'elle a choisi de se déporter de la gauche du patio vers la porte de la "skiffa"*** et n'offre plus au regard sa splendeur d'antan.

Qu'importe! Elle est la mémoire de notre famille.


*** La maison est articulée à l’espace public (la rue) par une entrée "skiffa", conçue pour préserver l’intimité du groupe des regards étrangers. Elle permet d’accueillir les invités lorsqu'on ne souhaite pas les recevoir à l'intérieur de la maison.

Les Secrets Bleus...

Ce tableau est né au bout de 9 mois. Ce fut une véritable gestation pendant laquelle je n'ai pas touché un pinceau. Je ne pouvais pas...

Emotions de l'enfance retrouvée...

Je suis née sur cette terre baignée par la Méditerranée que j'ai quittée alors que je n'étais qu'une enfant mais qui ne m'a jamais quittée.

Durant ces années d'exil, j'ai vécu comme amputée d'une partie de moi, de mon histoire. Un long cheminement intérieur m'a permis de retrouver mes racines et de rencontrer la peinture.

Tel l'artiste qui cherche, j'ai cherché. Et soudain, j'ai su. Je peindrai ma Tunisie. Une première toile naissait : "Les secrets Bleus".

Un voyage pressant me ramena vers ma ville natale où chaque lieu redevenait familier et ravivait ma mémoire. Les yeux éblouis de soleil, la petite fille se souvenait et pleurait...

Peindre mon pays, c'est ma manière d'exprimer ce lien si fort qui m'unit à cette terre.

C'est dans le respect des formes, de la réalité que je vis ma peinture et dans le désir de faire partager mes émotions chaque fois plus intenses.