Milan Kundera

" Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi ".

Deutéronome Ch.4 Verset 9

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La petite fille aux pieds nus...

Sur le balcon de ma maison
J’avais un petit compagnon
Parfois nous causions ensemble
De nos rêves secrets en silence...

Sur le balcon de ma maison
La petite fille aux pieds nus
Jetait son marin à la rue
Aux dires de ma mère
Ne comprenant pas pourquoi…
Par ce geste si souvent répété
J’étais assurée de son retour vers moi.

Avec les enfants de ma rue
Sur l'asphalte les pieds nus
Nous inventions jeux et rondes
dérangés par le passage fugace
De quelques ombres mouvantes...
Avec les enfants de ma rue
Cris et chamailles mêlés au hi-han
d'un âne agacé d'un chien errant
Nous brisions le silence et la poussière des rues
Là-bas...
Comme tous les enfants du monde...




Je voulais apporter un éclairage sur la 1ère photo qui est le résultat d'un montage à partir d'une photo de Mourad avec un effet vieilli où j'ai rajouté un enfant sur le balcon et son jouet (un petit marin) lancé dans la rue. Le jeu du "Fort-da" décrit par Freud, par le jeu de la bobine.La 2ème photo des petites filles jouant dans une ruelle de Tunisie a été vieillie volontairement. Vous trouverez l'original ici.

Si j'avais des babouches magiques...

Aujourd'hui...Je serai allée retrouver ces ruelles de la Médina pour une ballade comme celle offerte par Amine ce matin à travers ces magnifiques photos...






Dix ans deja...

Il y a dix ans, j’étais revenue dans la maison blanche au bout de l’impasse, celle de mes premiers pas, de la porte bleue…

Où ceux de passage entraient comme chez eux. Pour quelques bavardages, prenaient place et chacun avec sa petite histoire se livrait à « Omi Alice » comme ils l’appelaient… Sur sa chaise de repos, extirpée d’un somme, elle recueillait humeurs et rumeurs de la ville.

Toujours disponible, détentes bien brèves , sans relâche ma grand-mère travaillait… Levée la première, une table toujours dressée, elle accueillait chacun selon ce qu’il aimait. Ah! Les fameux œufs battus du matin ou la soupe de "Drôo"! "Mange...C'est pour te fortifier!".

De ses heures passées en cuisine, des odeurs et saveurs de mets épicés ou sucrés qu'elle réalisait avec talent… Elle n’avait pour seul bonheur, nous voir savourer, nous resservir encore un peu…

Quand je revois ces photos, je l’aperçois debout devant la porte au milieu des deux fenêtres bleues, vêtue d’une blouse fleurie, la peau brunie de soleil, veillant de ses yeux de braise sur nous tous… C’est qu’elle était coquette ma grand-mère. Comme elle sentait bon l'eau de rose et la fleur d'oranger...!

Haute comme trois pommes, j’adorais la regarder maquiller ses yeux de Khôl, poudrer sa peau… Mais ce que j’aimais par-dessus tout, c’était fouiller dans ses tiroirs et humer les parfums de ses produits de beauté qui m'envoutaient…

Je crois bien que je ne faisais pas que cela ! Une vocation naissait le barbouillage...