Milan Kundera

" Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi ".

Deutéronome Ch.4 Verset 9

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Guestbook
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La rupture c'est une trahison...

" Comme une mère, une ville natale ne se remplace pas ". [Albert Memmi] - La Statue de sel

Trop drole...!

Voici un extrait choisi du livre de Sonia Médina pour Soufiene et les autres... Là ce n'est pas le millefeuille à l'harissa des nabeuliens mais c'est tout comme...!


LES INTESTINS A LA HARISSA

Chez nous, on tartine tout de harissa. Même le pain et le beurre.
La recette la plus connue : griller du pain piqué d’ail, arrosé d’huile d’olive, badigeonner de harissa dès le matin, l’accompagner d’un café fumant. C ‘est un genre ! Un sport national ! Une drogue dure !
La harissa et du pain, encore du pain, de l’huile et beaucoup d’eau pour faire passer le feu qui fait de votre langue un torchon qui brûle.
A table, ce n’est pas du sel que l’on réclame mais de la purée rouge vermillon comme du sang de taureau qui trône en chef dominateur, crachant des flammes sur tout ce qui pourrait sembler raffiné, délicat.
On vous ingurgite de la harissa dès la première dent qui perce pour calmer la douleur ! On vous en assène une part plus importante pour vous faire oublier celle pour laquelle vous avez cru souffrir. Vous entrez dans un monde où vous ne savez plus ni pour qui ni pour quoi vous souffrez !
Un drame juif tunisien.
Vous avez du chagrin ? Votre cœur saigne ? Une bonne cuillère d’harissa vous fera passer tout cela. Mieux ! La douleur contournera la région du cœur et s’attaquera à vos intestins ! Eux, par contre se vengeront. Impitoyables et sans retenue, ils vous plaqueront ventre à terre : le gros intestin essayera de virer le petit grêle qui s’accrochera à la paroi.
Et votre ventre sera le ring désigné ! En tout cas le mien déguste plus que mon cœur....
Sonia Médina
La suite dans son livre bien sur...

Rouge Harissa...la suite...

Voir également mon précédent post
http://latunisiedemichelle.blogspot.com/2008/06/rouge-harissa_11.html

Quand un écrivain quitte son espace de silence, de doute, de souffrance ou d'exaltation dans lequel il s'est plongé pour engendrer son oeuvre, il éprouve sans doute une certaine anxiété, ne sachant pas comment celle-ci sera reçue. Puis arrive le temps des signatures...l'oeuvre circule vers des lieux inconnus... elle lui échappe, ne lui appartient plus... Ce temps de rencontres est important... il permet à l'écrivain de se sentir entouré et reconnu...
Michelle
Camemberts
Jeudi 26 juin, à partir de 19 h : Sonia Medina signera son livre : Rouge Harissa (Editions David Reinharc) editionsdavidreinharc@yahoo.fr
Librairie Art et Littérature 120, boulevard Montparnasse 75014 Paris (Métro Vavin) Prix du Meilleur livre d'humour juif
Préface d'Albert Memmi :
«(...) de courtes séquences comme au cinéma, ce qui ne m’étonne pas de la cinéaste que vous êtes d’abord; le tout, apparemment discontinu mais faisant, scène après scène, un film unique.» Albert Memmi
Dimanche 29 juin, à partir de 12h00 jusqu'à 19h00 dans le cadre du Festival des Cultures Juives, Parvis de la mairie du 3ème arrondissement 2, rue Eugène Spuller 75003 - Paris (Métro Arts et Métiers)
Venez nombreux, vous repartirez le cerveau empli d'étincelles...

Rouge Harissa...

Je n'ai pas lu le livre mais le titre suscite mon petit commentaire. Rouge Harissa comme un coeur qui saigne, qui pique, qui enflamme...Ils seront nombreux les enfants de ces familles à se reconnaitre dans le ressenti de Sonia Médina. Et pas que les juifs d'ailleurs. Comment trouver sa place dans tout ça...?
"Exil par procuration", il n'est pas par procuration quand on est né là-bas. "Par procuration" est une expression qui me semble mieux adaptée aux enfants qui sont nés en France ou ailleurs. Je ne crois pas que ce soit "par procuration" car nous sommes tous des enfants trans-générationnels et nous ne pouvons pas effacer les générations qui nous ont précédés sous prétexte qu'elles étaient nées dans tel ou tel endroit et que cela ne nous concerne plus. Tout reste inscrit en nous.
L'auto-dérision, n'est-ce pas une défense contre les larmes...Le rire pour ne pas pleurer...


Broché, 84 pages, mai 2008 Vous pouvez vous procurer ce livre en écrivant à l'éditeur editionsdavidreinharc@yahoo.fr

Prix du Meilleur Livre d’humour juif

Productrice, (petit clic) auteur, réalisatrice, Sonia Medina travaille depuis de nombreuses années sur le thème de l’identité.

Quatrième de couverture : Vous savez ce que c’est qu’une famille juive tunisienne ?
Une famille gorgée d’harissa, étouffant sous les gâteaux au miel, assourdie par les « youyous », caressante jusqu’à vous faire suffoquer et connaissant mieux que vous vos désirs.
Exilée, exportée, importée et totalement perdue dans un Paris sans soleil, sans plage, sans thé aux pignons et sans jasmin. Ma famille a dressé des écrans de fumée d’une blancheur opaque et aveuglante, me faisant grandir dans un pays qui n’existe pas.

Comment vivre, comment être moi-même avec cet eden qu’ils croient encore vivant mais dont le pathétique ridicule m’a éloignée d’eux ? Dois-je continuer à courir après un paradis qui n’est pas le mien ?
Dois-je continuer à nier la vérité, ma vérité ?

Ces récits les arracheront peut-être aux rêves d’un monde coincé entre Tunis et Paris. Et moi, j’espère, un jour, être une femme qui invente son histoire, son pays, une terre nouvelle.

Ces nouvelles mettent l’accent avec humour et auto-dérision sur les ravages d’un exil « par procuration » à travers le regard averti de l’enfant qu’elle fut.