Milan Kundera

" Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi ".

Deutéronome Ch.4 Verset 9

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Livre : Juifs et Musulmans en Tunisie

Ce livre sorti en juillet 2003 m'avait complètement échappée. Je n'ai trouvé qu'un seul commentaire de lecteur qui en une phrase intelligente résume ce que furent les rapports de nos 2 communautés. Souhaitons que ce commentaire ne reste pas isolé et s'il y a parmi vous d'autres lecteurs de cet ouvrage, je serais heureuse de lire vos impressions :
"Juifs et musulmans en Tunisie, voici un ouvrage tant attendu qui intervient dans une conjoncture délicate marquée par une incompréhension mutuelle et chaotique entre les peuples.
La longue cohabitation, savamment décrite par les auteurs, entre juifs et musulmans en Tunisie, montre bien que notre passé était plus intelligent que notre présent."



Couverture du livre d'après une photo de LEHNERT

Pendant plus de mille ans, des juifs et des musulmans ont vécu ensemble en terre tunisienne. La communauté juive comptait à la veille de l'indépendance près de 100 000 âmes réparties sur tout le territoire ; elle est réduite aujourd'hui à moins de 2 000 personnes, résidant à Tunis et Djerba, et très marginalement à Sfax et Sousse.
Pourquoi cette coexistence plus que millénaire s'est-elle brutalement interrompue en l'espace de quelques décennies? Qu'est-ce qui a séparé définitivement la branche juive de cette terre qui aurait abrité les premiers exilés d'une Jérusalem saccagée?
Ce livre réunit pour la première fois les contributions des chercheurs de France, de Tunisie et d'Israël qui ouvrent ainsi un axe de communication transméditerranéen : judaïsme vu par l'Islam, regard juif sur le monde musulman. Isaac et Ismaël se retrouvent pour parler de sémitisme commun.

Un passe pas si lointain...



J'ai reçu cette vidéo ce matin.

Au fur et à mesure qu’avance ce blog, je réalise que je me suis engagée dans un véritable chantier de fouille et tel un archéologue je questionne, amasse les témoignages, le moindre détail contribue à reconstruire les pans de mon passé…

En reconstruisant ma maison intérieure, j’ai sans doute laissé de côté encore quelques pans de l’histoire familiale en Tunisie.

Ces sujets que j’abordais parfois en famille déclenchaient une telle souffrance que je décidais de pas poursuivre au-delà.

De ces larmes versées, quelquefois retenues, je décelais combien l’exil, pour eux, fut une déchirure intacte, vive que les années n’ont pas réussi à panser. On colmate comme on peut…

Ces derniers temps, j’ai risqué encore. Il le fallait… Mes parents étant dans cette tranche de vie où les années qui restent sont des cadeaux de Dieu comme ils disent…

Ainsi les shabbats s’animent d’anecdotes, de scènes colorées, de gens rencontrés, aimés, de sourires, de silences, de larmes…

Ils s’autorisent enfin…Ce fardeau est notre héritage aussi…Puisse-t-il un jour ne faire plus
mal…


Rupture...


Comme je l'écrivais précédemment, il a suffi qu'on extrait des entrailles de la terre de Kélibia si proche de Nabeul ma ville natale, un monument sacré du judaïsme pour que coule ce texte que je me suis mise à écrire, surprise de cette émotion suscitée par ce rappel historique qui vient démentir tous les oublis concernant notre présence sur cette terre.
Quand je te peignais, je t’appelais « maTunisie »
Et mes jours et parfois mes nuits, je les passais à recréer tes soleils, tes bleus, tes ombres et tes lumières alternant entre exaltation et douleur.
Il fallait que tu vives autour de moi et ce contact charnel envolé, je l’avais au bout de mes doigts maculés de matière que je posais sur tes ciels, sur tes sables, sur tes ruelles blanches…
Tu resteras une partie intégrante de nous-mêmes...
Terre de vie, Terre de douleurs transportées avec soi sur le chemin de l’exil où parfois quelques fenêtres de nostalgie, de souvenirs s’ouvrent pour les refermer aussitôt en se disant, c’est fini tout çà…
Tu es devenue un pays en bande dessinée dont les cases d’images floues et éparses ne pourront jamais constituer un album. Il restera inachevé… On a changé l’histoire et les personnages.
Aujourd’hui, je peins d’autres terres, d’autres soleils, d’autres bleus qui m’offrent ces étincelles de bonheur que tu ne me donnes plus.

Tunisie : mise au jour d'un monument sacre du judaisme

"Oui je sais, cette dépêche date un peu mais elle a son importance puisqu'elle a déclenché chez moi un texte que j'ai appelé "Rupture". Et oui même envers son pays, on peut manifester de la colère même si on l'aime profondément.

TUNIS, 19 juil 2007 (AFP) - Tunisie: mise au jour d’un monument sacré du judaïsme
Une mosaïque évoquant un lieu sacré du judaïsme remontant à la fin de l’antiquité, a été mise au jour à Kélibia, ville de Tunisie, a-t-on appris jeudi à l’Institut national du Patrimoine (INP). Ces vestiges, sans doute une synagogue antique, “en tout cas un lieu sacré”, ont été découverts lors de travaux de voirie menés au pied de la forteresse surplombant le port de Kélibia, à 110 km au sud de Tunis, sur le littoral nord-est de la Méditerranée.
Cette découverte a été présentée par l’archéologue Mounir Fantar lors d’une journée scientifique à l’INP, qui en a fait état dans son dernier bulletin interne. Il s’agirait d’une première, les vestiges constituant la première preuve d’une présence antique du judaïsme dans cette région du Cap Bon.

La représentation de chandeliers à sept branches, symboles du judaïsme, ne laisse aucun doute sur la présence d’un lieu sacré juif. Le monument, daté a priori du 5e siècle avant JC, est constitué d’une mosaïque “en parfaite conservation” et dont les motifs dessinent douze chandeliers à sept branches. Cette oeuvre célèbre l’accomplissement du voeu d’un mécène du nom d’Ivdantis (Judas).
Dès sa découverte, un périmètre de sécurité a été installé autour du site en attendant des fouilles dirigées par Mounir Fantar, responsable des monuments de la province de Nabeul.
L’histoire de Kélibia (Clupea) remonte à l’époque punique comme en témoigne la découverte d’une nécropole et de vestiges du 5e au 2e siècle avant JC. Cette ville est dominée par une forteresse byzantine (6e siècle) perchée au-dessous d’une falaise de 150 mètres, qui assurait la défense du port.
Le sud de la Tunisie abrite la plus ancienne synagogue d’Afrique, “La Ghriba”, située sur l’île de Djerba et qui accueille chaque année des milliers de pèlerins juifs d’Europe et d’Israël. Ces derniers sont originaires de Tunisie pour la plupart.
La communauté juive, forte de cent mille personnes il y a cinquante ans, se limite actuellement à un millier de personnes, la plupart ayant quitté le pays pour s’établir surtout en France et en Israël.