Milan Kundera

" Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi ".

Deutéronome Ch.4 Verset 9

Deutéronome Ch.4 Verset 9
Guestbook

Rouge Harissa...la suite...

Voir également mon précédent post
http://latunisiedemichelle.blogspot.com/2008/06/rouge-harissa_11.html

Quand un écrivain quitte son espace de silence, de doute, de souffrance ou d'exaltation dans lequel il s'est plongé pour engendrer son oeuvre, il éprouve sans doute une certaine anxiété, ne sachant pas comment celle-ci sera reçue. Puis arrive le temps des signatures...l'oeuvre circule vers des lieux inconnus... elle lui échappe, ne lui appartient plus... Ce temps de rencontres est important... il permet à l'écrivain de se sentir entouré et reconnu...
Michelle
Camemberts
Jeudi 26 juin, à partir de 19 h : Sonia Medina signera son livre : Rouge Harissa (Editions David Reinharc) editionsdavidreinharc@yahoo.fr
Librairie Art et Littérature 120, boulevard Montparnasse 75014 Paris (Métro Vavin) Prix du Meilleur livre d'humour juif
Préface d'Albert Memmi :
«(...) de courtes séquences comme au cinéma, ce qui ne m’étonne pas de la cinéaste que vous êtes d’abord; le tout, apparemment discontinu mais faisant, scène après scène, un film unique.» Albert Memmi
Dimanche 29 juin, à partir de 12h00 jusqu'à 19h00 dans le cadre du Festival des Cultures Juives, Parvis de la mairie du 3ème arrondissement 2, rue Eugène Spuller 75003 - Paris (Métro Arts et Métiers)
Venez nombreux, vous repartirez le cerveau empli d'étincelles...

Hammam...Les Baigneuses...

Jean Auguste Dominique INGRES

Des Baigneuses d’Ingres aux Odalisques de Matisse, ces ‘ Schéhérazades’ des mille et une nuits, belles et lascives, ont nourri l’imaginaire occidental et leurs rêves d’orient…

Ces scènes de bains, intimité volée du monde des femmes où se meuvent des corps humides en une danse charnelle…

De cet espace oriental des Peintres, absents sont les enfants. Forme de pudeur, de respect, ils sont éloignés de leurs fantaisies.

Mais dans mes fenêtres de souvenirs, nous étions là… Partageant ce rituel ancestral qui rythmait la vie des familles.

J’ai donc pénétré la pénombre de ces Bains parfumés où le son cristallin de l’eau se mêle aux paroles chuchotées dans un univers hors du temps, loin du tumulte de la rue…

Un univers de femmes laissant tomber au sol leurs bouts de tissu pour devenir ces Baigneuses enveloppées d’une vapeur épaisse disparaissant peu à peu...et que seul un rayon de lumière
filtrant la voute percée du plafond faisait réapparaitre.

A tour de rôle, elles s’enduisaient de produits magiques et leurs mouvements au ralenti dévoilaient le relâchement...l'abandon...


*Texte qui relate parfaitement le rituel au hammam (petit clic) de mon enfance.

La Goulette et la petite Sicile...

PICCOLA CHICHILIA
par Albert Siméoni dit Breïtou
Sur la terre de mes aïeux
Le soleil ne se couche jamais.
L'horizon est toujours de flamme
Sous le beau ciel bleu qui ne crame.
Et le crépuscule a toujours son aube naissant
A la Goulette,
A la Piccola Chichilia
Le curé ne compte plus ses ouailles.
Les cloches se sont tues ma Mireille
Et la Madonna ne sort plus sous les vivats
Et les hourras sortis des voix sont à tout jamais tus.
A la Piccola Chichilia
Le glas s'est endormi
Et le carillon des cloches a disparu
Avec tous les kifs qui ne sont plus.
A la Piccola Chichilia
Les jeunes filles communiées
Pour la première fois maquillées
Ne passent plus durant les belles journées
Par les ruelles et impasses pavetèes
Dans leur robe blanche immaculée.
'..Signor ... ! Signor... ! Ma dove questo tempo ché non vivo più... !'
Les balancelles n'épousent plus, les quais de rocs
De l'Amiral Courbet, adossées au fort Charles Quint.
Au loin, le Bou Kornine ne veille plus
Sur les matelots et les marins pécheurs italiens
Et le phare du Bouraz a perdu de sa clarté.
Sur la terre de mes aïeux
Le soleil ne se couche jamais.
L'horizon est toujours de flamme
Sous le beau ciel bleu.
Et le crépuscule à toujours son aube naissant
'...En chaque soir se lève un matin
Mais jamais un soleil ne s'éteint
Sans qu'un autre à son feu ne s'éveille.
On ogni séra si leva oun alba
Ma mai oun solé si spégno
Senza oun altro a suoi fuocco si sveglio... !

Rouge Harissa...

Je n'ai pas lu le livre mais le titre suscite mon petit commentaire. Rouge Harissa comme un coeur qui saigne, qui pique, qui enflamme...Ils seront nombreux les enfants de ces familles à se reconnaitre dans le ressenti de Sonia Médina. Et pas que les juifs d'ailleurs. Comment trouver sa place dans tout ça...?
"Exil par procuration", il n'est pas par procuration quand on est né là-bas. "Par procuration" est une expression qui me semble mieux adaptée aux enfants qui sont nés en France ou ailleurs. Je ne crois pas que ce soit "par procuration" car nous sommes tous des enfants trans-générationnels et nous ne pouvons pas effacer les générations qui nous ont précédés sous prétexte qu'elles étaient nées dans tel ou tel endroit et que cela ne nous concerne plus. Tout reste inscrit en nous.
L'auto-dérision, n'est-ce pas une défense contre les larmes...Le rire pour ne pas pleurer...


Broché, 84 pages, mai 2008 Vous pouvez vous procurer ce livre en écrivant à l'éditeur editionsdavidreinharc@yahoo.fr

Prix du Meilleur Livre d’humour juif

Productrice, (petit clic) auteur, réalisatrice, Sonia Medina travaille depuis de nombreuses années sur le thème de l’identité.

Quatrième de couverture : Vous savez ce que c’est qu’une famille juive tunisienne ?
Une famille gorgée d’harissa, étouffant sous les gâteaux au miel, assourdie par les « youyous », caressante jusqu’à vous faire suffoquer et connaissant mieux que vous vos désirs.
Exilée, exportée, importée et totalement perdue dans un Paris sans soleil, sans plage, sans thé aux pignons et sans jasmin. Ma famille a dressé des écrans de fumée d’une blancheur opaque et aveuglante, me faisant grandir dans un pays qui n’existe pas.

Comment vivre, comment être moi-même avec cet eden qu’ils croient encore vivant mais dont le pathétique ridicule m’a éloignée d’eux ? Dois-je continuer à courir après un paradis qui n’est pas le mien ?
Dois-je continuer à nier la vérité, ma vérité ?

Ces récits les arracheront peut-être aux rêves d’un monde coincé entre Tunis et Paris. Et moi, j’espère, un jour, être une femme qui invente son histoire, son pays, une terre nouvelle.

Ces nouvelles mettent l’accent avec humour et auto-dérision sur les ravages d’un exil « par procuration » à travers le regard averti de l’enfant qu’elle fut.

Memoire d'un Goulettois...Les Balancelles...

Voici un magnifique récit de mon ami Albert ce merveilleux conteur à l'imagination débordante... Son talent ne se résume pas à cela, il a un humour fou et quelques minutes en sa présence vous font oublier les petits tracas de la vie. Il possède une acuité si particulière et peut restituer dans des sketchs, à mourir de rire, ce qu'il observe autour de lui.
Mais il peut aussi vous amener les larmes tant son âme est sensible.
C'est un vrai artiste...Et un vrai goulettois...

Le récit en 4 pages qui suit est un hommage à ses amis Italiens de la Goulette... Il mérite toute votre attention. Cliquez sur chaque image numérotée de 1 à 4 pour qu'elle s'affiche en grand.

A mes amis les Italiens de la Picola ‘Chichilià’.