Milan Kundera

" Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi ".

Deutéronome Ch.4 Verset 9

Deutéronome Ch.4 Verset 9
Guestbook

Le Penseur...

C’est une évidence pour moi, mes tableaux me servent de lieu de mémoire.

J’éprouve comme un empêchement à peindre d’autres lieux même si je m’y suis aventurée parfois.

Ces toiles sont mes ancrages à cette enfance tunisienne qui m’appelle toujours…

Elles empêchent que le voile de l’oubli ne vienne me voler les images qui me restent encore.

Cette toile du « Penseur », pas encore un vieillard mais dont les traits du visage ont quelques creux, quelques sillages, évoque pour moi la beauté des vieillards de mon pays.

Assis devant les portes des maisons ou de quelques échoppes, absorbés qu’ils étaient dans
leurs méditations, ils irradiaient de sagesse et de douceur.

Chez nous, les aïeuls occupaient une place importante forçant au respect et à toutes les bienveillances.


Le jour où j'ai rencontre Marilyn...
















De mon enfance, subsistent des souvenirs de quelques étés rythmés par le retour sur ma Terre.

De Tunis, ma mémoire est moins précise.

Cependant deux images reviennent de manière vivace, l’émotion violente ressentie quand la baie de Tunis apparaissait peu à peu dans ses contours et le jour où j’ai rencontré Marilyn…

C’est à ma tante du côté paternel que je le dois.

Elle avait décidé de m’emmener au cinéma. J’étais aux anges…Toutes les attentions sur ma petite personne.

Nous avons traversé les élégantes et belles avenues de Tunis pour nous rendre dans ce cinéma mythique « Le Palmarium »…

A l’affiche l’inoubliable comédie « Certains l’aiment chaud ». Les premières images… Et soudain le choc à l’apparition de la plus belle…

Diamant sur un écran noir, la déesse sensuelle, enfantine, drôle, fragile avec toujours ce sourire qui illumine le monde devenait pour moi l’icône intemporelle que personne n’est parvenue à détrôner depuis.

A l'exception de ma tante, ma Marilyn à moi...


Plus de photos ici

Le jasmin...Tout un symbole...


Il suffit de fermer les yeux... Le parfum enivrant et envoutant des fleurs de jasmin nous invite dès l'été revenu, aux rêves les plus fous.

Bonne semaine.

Djerba, la Sage...

J'avais fait sonner la cloche dans mon rêve...
Et voilà qu'il devient réel!
Le tableau appelé "L'Ile aux Prières" il y a quelques années, prend alors tout son sens.
Il faut saluer la tolérance de "Notre Tunisie".
Elle est magnifique cette petite église.
L'article ici

L'Ile aux Prieres...

Où la lumière pose des paillettes d’or sur ses rivages, ses menzels, ses glaises.

Où les fidèles se rassemblent aux sons de la corne de bélier, de la cloche, du muezzin,

Et prient pour la vie de l’enfant qui pousse son premier cri,

Et prient pour la mort de l’homme qui a perdu son souffle,

Et prient pour le retour du marin au petit matin,

Et prient pour que la pluie fertilise les jardins,

Et prient pour que la Paix nourrisse le cœur des Hommes,

Leurs folies n’étant jamais très loin.

Et si ce n’était qu’un rêve…


Citations...

"Un peintre c'est quelqu'un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence."

Christian Bobin

"La douleur passe, la beauté reste."

Pierre-Auguste Renoir

Blue Secrets...

For my visitors who speak English.
Here translation of my first text "blue secrets". You're welcome.
Emotions of Childhood regained…

I was born on this land bathed by the Mediterranean Sea which I left when I was only a child but which never left me.

During those years of exile, I lived as if amputated from a part of me, of my story.
A long interior development allowed me to regain my roots and to meet with painting.

As the artist who seeks, I sought. And suddenly, I knew. I would paint my Tunisia. A first canvas was born: “Blue Secrets”.

A pressing voyage took me back to my native town where each place would become
familiar and revive my memory.

Eyes dazzled by sun, the little girl would remember and cry…

To paint my country is my way of expressing this link so incredibly strong which unites
me to this earth.

It is the respect of forms, of reality, that I live my painting, and in the desire to share my
emotions, each time more intense…


La Femme et les Peintres...

J'ai trouvé ce jeu de métamorphoses intéressant et bien fait. Un peu trop rapide mais bon. On reconnaitra un certain nombre de tableaux exposés dans les plus grands musées. Jugez-en par vous même.


Rupture...


Comme je l'écrivais précédemment, il a suffi qu'on extrait des entrailles de la terre de Kélibia si proche de Nabeul ma ville natale, un monument sacré du judaïsme pour que coule ce texte que je me suis mise à écrire, surprise de cette émotion suscitée par ce rappel historique qui vient démentir tous les oublis concernant notre présence sur cette terre.
Quand je te peignais, je t’appelais « maTunisie »
Et mes jours et parfois mes nuits, je les passais à recréer tes soleils, tes bleus, tes ombres et tes lumières alternant entre exaltation et douleur.
Il fallait que tu vives autour de moi et ce contact charnel envolé, je l’avais au bout de mes doigts maculés de matière que je posais sur tes ciels, sur tes sables, sur tes ruelles blanches…
Tu resteras une partie intégrante de nous-mêmes...
Terre de vie, Terre de douleurs transportées avec soi sur le chemin de l’exil où parfois quelques fenêtres de nostalgie, de souvenirs s’ouvrent pour les refermer aussitôt en se disant, c’est fini tout çà…
Tu es devenue un pays en bande dessinée dont les cases d’images floues et éparses ne pourront jamais constituer un album. Il restera inachevé… On a changé l’histoire et les personnages.
Aujourd’hui, je peins d’autres terres, d’autres soleils, d’autres bleus qui m’offrent ces étincelles de bonheur que tu ne me donnes plus.

Tunisie : mise au jour d'un monument sacre du judaisme

"Oui je sais, cette dépêche date un peu mais elle a son importance puisqu'elle a déclenché chez moi un texte que j'ai appelé "Rupture". Et oui même envers son pays, on peut manifester de la colère même si on l'aime profondément.

TUNIS, 19 juil 2007 (AFP) - Tunisie: mise au jour d’un monument sacré du judaïsme
Une mosaïque évoquant un lieu sacré du judaïsme remontant à la fin de l’antiquité, a été mise au jour à Kélibia, ville de Tunisie, a-t-on appris jeudi à l’Institut national du Patrimoine (INP). Ces vestiges, sans doute une synagogue antique, “en tout cas un lieu sacré”, ont été découverts lors de travaux de voirie menés au pied de la forteresse surplombant le port de Kélibia, à 110 km au sud de Tunis, sur le littoral nord-est de la Méditerranée.
Cette découverte a été présentée par l’archéologue Mounir Fantar lors d’une journée scientifique à l’INP, qui en a fait état dans son dernier bulletin interne. Il s’agirait d’une première, les vestiges constituant la première preuve d’une présence antique du judaïsme dans cette région du Cap Bon.

La représentation de chandeliers à sept branches, symboles du judaïsme, ne laisse aucun doute sur la présence d’un lieu sacré juif. Le monument, daté a priori du 5e siècle avant JC, est constitué d’une mosaïque “en parfaite conservation” et dont les motifs dessinent douze chandeliers à sept branches. Cette oeuvre célèbre l’accomplissement du voeu d’un mécène du nom d’Ivdantis (Judas).
Dès sa découverte, un périmètre de sécurité a été installé autour du site en attendant des fouilles dirigées par Mounir Fantar, responsable des monuments de la province de Nabeul.
L’histoire de Kélibia (Clupea) remonte à l’époque punique comme en témoigne la découverte d’une nécropole et de vestiges du 5e au 2e siècle avant JC. Cette ville est dominée par une forteresse byzantine (6e siècle) perchée au-dessous d’une falaise de 150 mètres, qui assurait la défense du port.
Le sud de la Tunisie abrite la plus ancienne synagogue d’Afrique, “La Ghriba”, située sur l’île de Djerba et qui accueille chaque année des milliers de pèlerins juifs d’Europe et d’Israël. Ces derniers sont originaires de Tunisie pour la plupart.
La communauté juive, forte de cent mille personnes il y a cinquante ans, se limite actuellement à un millier de personnes, la plupart ayant quitté le pays pour s’établir surtout en France et en Israël.

Hommes du Desert...

Je les ai appelés « Hommes du Désert » et pourtant je ne les ai jamais connus.

Ils se sont imposés à moi, ce jour là, et peu à peu, ils ont pris forme.

Altiers, la peau meurtrie des brûlures du soleil, dans des drapés ondulant comme les dunes, autour du thé qu’ils préparent de leurs gestes élégants et précis à l’ombre d’une oasis quand celle-ci n’est pas mirage et illusion.

Ils marcheront encore... En exil chaque jour dans ces lieux trop grands de lumière et de silence qui changent au gré des vents.

Alors comment prendre racine dans ce feu et ces sables ?

A travers ces « Hommes du Désert » c’est mon passé que j’ai interrogé et mon horizon s’est déplacé en arrière vers ce pays où l’on ne peut plus revenir…Car personne ne vous y attend…

Aujourd’hui, cette toile m’apporte une réponse et prend tout son sens.

L’exil est comme un désert de feu et de sables, c’est un vide cruel qu’il faut fertiliser jour après jour pour qu’il devienne une oasis…