Milan Kundera

" Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi ".

Deutéronome Ch.4 Verset 9

Deutéronome Ch.4 Verset 9
Guestbook

Un ete à Sidi Bou Said...

Sur la petite colline, les poètes y ont trouvé refuge.
Dans ce lieu où le temps semble s’être arrêté
Les amoureux se câlinent à l’écart des indiscrets...
Combien de ces romantiques touchants et silencieux
Se sont croisés et perdus au hasard des ruelles

De ce petit village blanc, bleu qui regarde la mer…

Huile sur bois

Combien d’étrangers en extase se sont arrêtés
Devant ces portes bleues mystérieuses, secrètes…
Véritables forteresses d'un monde clos et tiède
Ils ont sans doute rêvé de posséder les sésames
Et passer les seuils pour découvrir les paradis
De ces jardins invisibles dont quelques branches
S’échappent et se répandent sur les murs de la rue
Comme un feu d'artifice de couleurs et de parfums.


D'hier...D'aujourd'hui...

Souk el balgha de Nabeul dans les années 60

J'avais adressé un courrier via le site officiel de la ville de Nabeul pour connaitre la date de la prise de cette photo. Une personne attentive et très aimable a répondu à toutes mes attentes. Voilà, c'est fait.
Cette photo fut prise dans les années 60, ce Souk el Balgha est à l'image de celui que j'ai connu et que j'ai traversé tant de fois, admirative du savoir-faire de ces artisans aux gestes ancestraux qui travaillaient dans l'insouciance d'une époque et dans la bonne humeur.
Le voici aujourd'hui, je ne saurai dire à quelle heure de la journée fut prise cette photo. Le matin peut-être à l'heure où l'on sommeille encore...



Livre " La Tunisie d'Antan "

Date de parution octobre 2007

Regroupant plus de 700 cartes postales du début du siècle, La Tunisie d’Antan est un voyage dans le temps qui invite les amoureux de la Tunisie à redécouvrir ce pays et la vie de ses habitants il y a un siècle. L’ouvrage s’articule autour de dix parties géographiques qui présentent la Tunisie depuis Tunis jusqu’à l’extrême Sud en passant par les grandes villes telles que Bizerte, Kef, Sousse, Kairouan, Sfax… ou par les petits villages et les oasis perdus dans le désert.

La Ghriba...La Merveilleuse...

Huile sur toile

Poésie d'Albert Siméoni (Mémoires d’un Goulettois)

Jerba, très chère Jerba.....belle terre de nos aïeux
Tu abrites en ton sein notre bien aimée Ghriba.
Deux mille ans se sont écoulés depuis et déjà
Tu restes, sans paraître ridée, jeune à nos yeux.
Nous voici à nouveau, avec nos enfants, d’ici et d'ailleurs
Tous venus toujours plus nombreux, accomplir nos voeux.
Nos vieux, toujours fidèles à leur grande mémoire
N’ont pas oublié tes bienfaits d'hier encore ce soir.
Ghriba......Ya Ghriba, malgré le lointain qui nous sépare
De toi, ton souvenir jamais impérissable et éternel se pare
En ces jours du mois de Mai, à nouveau d'airs de fête
Jamais égalés, gais et pleins de ferveur dans nos têtes.
Jerba......Toi la douce, tu nous accueilles chaque année
Comme jadis tu recevais avec le même élan nos pèlerins
Dans la joie, dans la chaleur et avec une tendre sérénité.
Nous te remercions encore aujourd'hui et toujours sans fin.
Ghriba......Ya Ghriba de Jerba, écoute donc les prières
De ceux qui sont venus vers toi les mains tendues.
Accomplis et exauce toutes nos demandes premières
Afin que nos cœurs repartent sereins mieux qu'hier.

Tout simplement la vie...


Photo

"Il y a une phrase très belle d'un gitan qui dit ceci : "La plus belle vie, c'est la vie qui a connu beaucoup de souffrance"
Pourquoi...? Parce que tout ce qui ouvre le coeur fait venir de l'air...et l'air c'est le plus grand esprit qui nous vient qui nous monte à la tête...L'air c'est Dieu même en fait... C'est dieu même l'air, donc tout ce qui ouvre le coeur et parfois, on l'a si dur le coeur... il faut bien que les épreuves viennent le fracturer comme une pierre ou comme un morceau de bois sec qu'il faut enflammer. Il ne faut pas rechercher les épreuves çà serait du masochisme. Et la joie peut donner évidemment la même chose. Mais, je sais que, dans cette vie tout est mélangé, on ne peut pas choisir, c'est pour cela que je ne fais pas de l'angélisme parce que je ne choisis rien, je prends, j'essaie de prendre ce qui me vient, ce qui m'est donné, ce que je subis parfois et j'essaye de l'accueillir tout!"

Extrait interview de Christian Bobin

Pour l'écouter en entier

Des mots simples...Et pourtant...


"Les enfants sont comme les marins: où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense"

Christian Bobin Extrait de La part manquante

Maison du Sud...

Huile sur toile


De sable, d’argile, j’ai vu les maisons du Sud

En ces murs, de sublimes camaïeux d’ocres

En ce désert, le miracle d’une palmeraie.

Sur les dunes si proches quand le jour s’en va

La lumière étire ses rouges les plus éclatants.

Des légendes du désert, les cochers racontent

Le mystère des caravanes englouties par les sels…

De l’horizon lointain, une vison inattendue,

Un espoir soudain et brusquement plus rien…


Nabeul, ma ville eternelle...


J'ai trouvé cette description sur le site de la commune de Nabeul très belle en parcourant internet. J'espère découvrir encore de très belles pages sur ma ville natale car tout ce qui s'y rattache me fait penser que j'ai eu la chance de naître dans cette ville de lumière, de couleurs, de parfums.

Ces vibrations que je ressens au plus profond de mon âme et que j’essaie de transmettre dans mes peintures.


Allez, un peu d'humour...

"Se dit d'un novice qui se prend tout d'un coup pour un expert ou de quelqu'un qui rencontre un philosophe un jour et le lendemain il devient philosophe ."

Montage photoshop que je viens de faire pour illustrer ce proverbe.

Qu’est-ce que j’ai ri en retrouvant ce proverbe sur
ce site.
Je me rappelle l’avoir entendu tant de fois.
Il y en a bien d’autres croustillants encore que mon père prononçait.
J’adorais et j'adore toujours car c’est tellement imagé et en plus j’avais le privilège de comprendre.


Nabeul ma ville

C'est bien connu de tous, Nabeul est un important pôle de l’artisanat tunisien.

Aujourd’hui, les échoppes de poterie se succèdent les unes derrière les autres dans la rue principale.

Je n’ai pas gardé ce souvenir là de mon enfance. J’ai la vision de commerces destinés aux besoins de tous les jours. Peut-être que les potiers étaient-ils en dehors de la ville ? Voilà encore une bonne raison d’enquêter…

La poterie qui fait la couverture de ce livre d’Art semble être ancienne, je la trouve très belle.

J’ai appris au cours d’une lecture que les productions récentes souvent destinées aux touristes ne symbolisent pas la vraie poterie authentique de Nabeul dont le motif de poisson était dessiné sur un fond bicolore jaune et vert.


Un plaisir simple...

Se réveiller de la sieste, traverser le patio encore brûlant et trouver des amandes fraiches décortiquées nageant dans un bol d'eau salée posé sur la table de la skiffa...

Un passe pas si lointain...



J'ai reçu cette vidéo ce matin.

Au fur et à mesure qu’avance ce blog, je réalise que je me suis engagée dans un véritable chantier de fouille et tel un archéologue je questionne, amasse les témoignages, le moindre détail contribue à reconstruire les pans de mon passé…

En reconstruisant ma maison intérieure, j’ai sans doute laissé de côté encore quelques pans de l’histoire familiale en Tunisie.

Ces sujets que j’abordais parfois en famille déclenchaient une telle souffrance que je décidais de pas poursuivre au-delà.

De ces larmes versées, quelquefois retenues, je décelais combien l’exil, pour eux, fut une déchirure intacte, vive que les années n’ont pas réussi à panser. On colmate comme on peut…

Ces derniers temps, j’ai risqué encore. Il le fallait… Mes parents étant dans cette tranche de vie où les années qui restent sont des cadeaux de Dieu comme ils disent…

Ainsi les shabbats s’animent d’anecdotes, de scènes colorées, de gens rencontrés, aimés, de sourires, de silences, de larmes…

Ils s’autorisent enfin…Ce fardeau est notre héritage aussi…Puisse-t-il un jour ne faire plus
mal…


Emotion et petite larme...

Plus de photos de Nabeul ici

Je remercie Mourad d'avoir eu le bonne idée de prendre cette photo.

C’est exactement sous cette voûte que mon père et mon grand-père tenaient leurs commerces (sur la gauche).

Je n’avais que cette photo.

Sur la droite, l’échoppe incontournable qui nous régalait de ses bonbons multicolores rangés dans de grands bocaux de verre soigneusement alignés n’échappant jamais à notre vue.

Le magasin éclairé en face dans l’angle gauche, c’était le marchand de beignets ou ma « petite madeleine de Proust »…

Ces beignets, c’était le rituel du matin, nature ou au miel, que ma grand-mère envoyait chercher pour tous ses hôtes.

En allant tout droit la maison familiale qui a marqué tant de générations…


Histoire d'une chanson...


J'avais oublié cette chanson, la chanson de la famille.
Cet air accompagnait toutes nos fêtes.
J'entends encore cette mélodie sortir des transistors
sous la fraicheur des voutes du souk el belgha quand
nous revenions de la plage...
Les artisans à l'ouvrage chantaient et les babouches
auraient pu presque esquisser quelques pas de danses...
Mais ça...C'est dans les contes qu'on le raconte.

Le Jardin d'Ulysse...

" Histoire d'une Peintresse ..."

Dans le Jardin d’Ulysse
Des souvenirs de secrets bleus


Dans le jardin des délices
Des promesses pleins les yeux


Où l’émoi sucré des prémisses
Sous un ciel de volutes bleues


Laisse quelques esquisses
De rêves manqués, malheureux


Enfouies dans les abysses
Des traces de peines bleues


Comme les marins d’Ulysse
Le manque du pays de l’homme bleu…


Le Maroc de Delacroix par Maurice Arama


Avec cette vidéo et celle d'hier, on s'éloigne un peu de la Tunisie mais je n'ai pas pu résister à les mettre en ligne car elles concernaient un peintre pour qui j'ai une profonde admiration Delacroix.
Ce peintre qui disait que tant qu'il vivrait, il garderait toujours devant les yeux ces contrées d'Afrique du Nord.
" Mais comment rendre cette étrange symphonie de parfums ? Ces senteurs musquées d'ambre, de clous de girofle, d'épices, ces fragances qui se superposent ? "
Concernant la population, il écrivait :
"Ils sont plus près de la nature de mille manières. La beauté s'unit à tout ce qu'ils font."

Citation...

« Nous ne sommes pas Ulysse. Nous n’avons pas de « chez nous » à la surface de ce monde. Tout Ithaque que nous voudrions rejoindre est interne. »

(Pascal Quignard, La Nuit sexuelle)

Le the...Tout un art...

Surtout quand il est préparé avec des pignons. Il fallait y penser...! C'est en cela qu'il reste unique et lié à la Tunisie.
Alors, un verre...?

Pepe...Si tu savais...

A mon grand-père…

Je te revois à l’heure de la sieste
allongé sur ton banc de bois dans la « skiffa ».

Je revois ton béret noir que tu ne quittais pas
et ta belle moustache que je venais taquiner.

Je revois les étoiles qui brillaient dans tes yeux
quand nous arrivions du pays de là-bas.

Je revois les étoiles qui brillaient dans mes yeux
quand tu me bénissais de tes sages paroles.

Je revois encore l’espièglerie dans ton regard
ta bonne humeur, ton sourire et tes égards.

J’entends ces quelques mots de français
que tu prononçais tout fier de l’avoir fait.

J’entends mes rires quand tu parlais comme ça
et de te répondre, « mais non Pépé, c’est pas ça ».

Je ressens encore tes baisers sur mon front
et la force que tu m’insufflais par ce geste divin.

Je te revois emplir la maison de tous les délices
des vergers alentours et ce n’était jamais assez

J’entends tes pas la nuit vers la porte qui cogne
et servir les fêtards avinés en manque de breuvage.

Tu n’avais pas le savoir des livres appris à l’école
mais tu avais tous les livres réunis dans ton coeur.

Et je ressens comme une sourde colère d’avoir été
privée de toi, contrainte de quitter ma maison
pour le pays de là-bas…

Quand tu es arrivé au bout de la route de ta vie,
j'ai senti le vide, le froid et ce qui me réchauffe un peu
aujourd’hui c’est ce merveilleux souvenir de Toi…